Livre polémique

Dominique Strauss-Kahn dit son horreur devant la justice française

L’ancien patron du FMI a dénoncé un ouvrage qui fait «fi de la dévastation» de sa «vie privée» et de sa «vie familiale» et qu’il désire voir saisi. Il s’est dit «horrifié» par un procédé «malhonnête» qui n’a «d’autre objet que mercantile»

Dominique Strauss-Kahn, qui réclame la saisie du livre à paraître mercredi de Marcela Iacub relatant sa liaison avec lui en 2012, s’est déclaré mardi devant une juge française «choqué» par un texte «méprisable et mensonger».

Devant la juge Anne-Marie Sauteraud, l’ancien patron du Fonds monétaire international a dénoncé un ouvrage qui fait «fi de la dévastation» de sa «vie privée», de sa «vie familiale», «de la psychologie de [ses] enfants». Il s’est dit «horrifié» par un procédé «malhonnête» qui n’a «d’autre objet que mercantile».

«Mi-homme, mi-cochon»

Le livre de l’essayiste Marcela Iacub, Belle et Bête, relate sa liaison avec un homme non identifié, qualifié d’«être double, mi-homme, mi-cochon», un terme qui n’est pas péjoratif pour l’auteure, avait-elle précisé la semaine dernière, en confirmant qu’il s’agissait de l’ex-patron du FMI.

DSK a aussi déploré que l’on «tire sur un homme qui est déjà assez à terre». «Cette affaire me dépasse très largement», a-t-il ajouté, s’exprimant d’un ton grave, et réclamant que la justice mette un «coup d’arrêt» aux pratiques d’éditeurs, de journalistes «prêts à n’importe quoi pour faire de l’argent».

L’ancien ministre français a assigné Marcela Iacub et son éditeur Stock pour «atteinte à l’intimité de la vie privée». Il réclame l’insertion d’un encart sur chacun des exemplaires de l’ouvrage et, «à titre subsidiaire», la saisie du livre.

Une décision très rare

Il demande aussi 100’000 euros de dommages et intérêts solidairement à Marcela Iacub et à Stock, et la même somme à l’hebdomadaire Le Nouvel Observateur, qui a fait état du livre la semaine dernière. Il a aussi demandé une publication judiciaire couvrant l’intégralité de la une de ce magazine.

En France, une décision de justice de saisie d’un livre reste très rare. En 1996, deux jours après la mort de l’ex-président François Mitterrand, le livre de son ancien médecin, détaillant son cancer, avait été retiré de la vente. Après une condamnation de la France par la Cour européenne des droits de l’homme, l’ouvrage a finalement été réédité en 2005.

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