Dans sa guerre contre les réseaux sociaux qui le boycottent, Donald Trump passe à la vitesse supérieure. Mercredi, l’ancien président a annoncé des poursuites contre Twitter, Facebook, Google ainsi que leurs patrons, alors qu’il est lui-même en délicatesse avec la justice. Son ami de longue date et directeur financier de la Trump Organization, Allen Weisselberg, vient d’être visé par quinze chefs d’accusation, soupçonné notamment d’avoir détourné l’équivalent de 1,7 million de dollars au fisc depuis 2005.

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Donald Trump aurait pu essayer de se faire oublier, mais il a choisi la stratégie inverse. Il a repris les chemins de campagne et attaque désormais les réseaux sociaux, presque six mois jour pour jour après l’assaut meurtrier du Capitole, qui lui a valu un deuxième procès en destitution et d’être privé de ses armes de communication préférées. «Je dépose, en tant que principal représentant, une action collective majeure en justice contre les géants de la tech comprenant Facebook, Google et Twitter, ainsi que leurs patrons Mark Zuckerberg, Sundar Pichai et Jack Dorsey», a-t-il fait savoir mercredi. Il les accuse de «censure illégale et inconstitutionnelle». Et donc de violation du Premier amendement de la Constitution américaine.

Donald Trump a fait son annonce à travers l’America First Policy Institute, une organisation à but non lucratif qui défend son agenda, depuis son club de golf de Bedminster, dans le New Jersey. Lors d'une conférence de presse, il a précisé exiger une injonction immédiate pour permettre la restauration rapide de ses comptes et profils. Il revendique également des dommages et intérêts. Ses avocats demandent aussi à la Cour d'annuler la «section 230», une loi vieille de plusieurs décennies qui protège les entreprises technologiques contre les poursuites judiciaires liées aux décisions de modération du contenu.

Les plaintes ont été déposées devant un tribunal fédéral en Floride. Il y a un peu plus d’un mois, Facebook a confirmé sa volonté d’interdire Donald Trump d’utiliser sa plateforme «au moins jusqu’en janvier 2023». Twitter l’a banni définitivement et Youtube (Google) a également jugé Trump persona non grata en janvier. Les géants de la tech n’ont pour l’heure pas réagi à l’annonce de Donald Trump. Mais plusieurs experts en droit et en technologies estiment que les plaintes ont peu de chances d'aboutir et sont pour ainsi dire mort-nées. Eric Goldman, professeur à la faculté de droit de l'Université de Santa Clara en Californie, cité par le Washington Post, rappelle que des dizaines de procès similaires ont échoué devant les tribunaux.

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Six mois après l’assaut du Capitole, le président Biden se focalise de son côté sur le besoin d’enquêter avec «courage» sur cette «violente attaque». Il enjoint le Congrès à le faire, en dénonçant une «crise existentielle» pour la démocratie.