Israël

Donald Trump et Benyamin Netanyahou, même combat

Les deux dirigeants ont la même vision géopolitique du Moyen-Orient, avec l’Iran pour ennemi principal, et ils ne veulent pas entendre parler d’un Etat palestinien

Avant de s’envoler pour Rome, Donald Trump a prononcé au musée d’Israël, à Jérusalem, un discours que son entourage présentait comme le «point d’orgue» de sa tournée au Proche-Orient. En Israël comme dans l’Autorité palestinienne, les chroniqueurs s’attendaient à la présentation d’un plan de reprise du processus de paix israélo-palestinien, voire d’une allocution dressant les grandes lignes de la nouvelle politique américaine au Proche-Orient. Mais ils ont été déçus.

Une longue déclaration de soutien

En effet, s’adressant à son «ami Binyamin» (Netanyahou), au gouvernement israélien au grand complet et aux corps constitués, le chef de l’exécutif américain s’est lancé dans une longue déclaration de soutien à l’Etat hébreu en promettant que son administration «se tiendra toujours aux côtés d’Israël». Il a dénoncé l’Iran comme le principal sponsor du terrorisme dans la région et fait la promesse que ce pays «n’aura pas l’arme nucléaire» tant qu’il sera président des Etats-Unis.

Au fil de son allocation, Donald Trump a certes appelé les Israéliens et les Palestiniens à reprendre le processus de paix mais il s’agissait plus d’incantations qu’autre chose. Parce que lui et Benyamin Netanyahou focalisent leurs efforts sur le dossier du nucléaire iranien et que les négociations de paix avec l’AP sont devenus secondaires à leurs yeux.

«Après huit années de relations tendues avec Washington, les relations entre Israël et les Etats-Unis sont enfin revenues au beau fixe. Nous avons de nouveau un ami sincère, un type sur lequel on peut compter à Washington», confiait le ministre Youval Steinitz (Likoud) à la sortie du musée d’Israël. «Quand on compare ce qui se passe aujourd’hui aux huit années difficiles que nous avons connues sous la présidence de Barack Obama, on croirait presque vivre un rêve.»

Le président américain et le chef du gouvernement israélien ne cachent pas leur proximité idéologique. Ils s’appellent par leur prénom et professent la même méfiance à propos de la presse. Mais surtout, ils ont la même vision de la situation régionale: à leurs yeux, l’importance du «danger iranien» impose la constitution d’une alliance composée des régimes arabes sunnites dirigée par l’Arabie saoudite et à laquelle Israël serait associé dès la signature d’un accord avec les Palestiniens.

«Les relations entre Jérusalem et Washington entament donc une nouvelle phase. Elles sont de nouveau au beau fixe et même plus fortes que du temps de Gorges Bush junior», estime le chroniqueur Arad Nir. «Ce n’est pas un hasard si Donald Trump a choisi de venir en Israël à l’occasion de son premier déplacement présidentiel. Aucun de ses prédécesseurs ne l’avait fait avant lui et cela signifie quelque chose.»

Encore plus perdus que par le passé

Selon des sources dignes de foi, cette amitié sous-tendue par une forte communauté d’intérêt se marque notamment dans les domaines de la coopération militaire et des échanges de renseignements. Elle atteint, semble-t-il, la même intimité que celle qui prévalait dans le courant des années 2008-2010, lorsque les services des deux pays, qui collaboraient sur l’Iran, en étaient arrivés à partager leurs sources et à monter de nombreuses opérations communes contre Téhéran.

Face à cette relation forte, les Palestiniens se sentent encore plus perdus que par le passé. Certes, avant de prononcer son discours au musée d’Israël, le président américain a rencontré Mahmoud Abbas à Bethléem mais son incursion dans l’Autorité palestinienne aura été expédiée en une heure.

Dans la salle d’honneur de la Moukhaata, Donald Trump a bien évoqué la nécessité de conclure la paix mais dans des termes généraux. Il n’a évoqué ni les risques induits par la poursuite de la colonisation des territoires occupés par son allié, ni la possibilité d’un accord prévoyant deux Etats pour deux peuples.

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