Est-ce un scandale abracadabrant mêlant tous les ingrédients d’un polar délirant avec sexe, agents doubles, chantage et vengeance ou un formidable complot visant à discréditer Donald Trump, le président américain élu? Pas de réponse définitive, aujourd’hui au moins. Dire cela, c’est soulever une autre question: comment débrouiller le vrai du faux alors que les rumeurs sur la toile le disputent aux allégations infondées et aux vraies fausses informations montées de toutes pièces à des fins de propagande ou de déstabilisation politique?

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Le mensonge se pare du vrai

Bien souvent désormais, le mensonge se pare du vrai. En comparaison, la vérité manque souvent de vraisemblance. Dans ce dernier imbroglio, tout semble être pareillement entaché de tromperie. Les politiciens, les gouvernements et leurs officines sont accusés d’instrumentaliser la confusion pour servir leurs desseins. De leur côté, les médias ont perdu la confiance que le public leur avait accordée. On leur reproche d’être partisans ou de violer les principes qui devraient être les leurs.

Cette ère du soupçon généralisé deviendra vite insupportable, si elle ne l’est pas déjà. Pour la dépasser les professionnels des médias devront convaincre de la rigueur de leur démarche et de leur honnêteté. On peut aussi espérer que les politiques s’efforcent de gommer le discrédit dans lequel ils sont tenus à cause des outrances d’une partie d’entre eux seulement et qu’ils parviennent à retrouver un lien de sincérité avec les électeurs.

Nouvel épisode rocambolesque

En ce qui concerne ce nouvel épisode rocambolesque que l’on ne peut pour l’instant étayer de preuves irréfutables et dont Donald Trump est, peut-être malgré lui, le protagoniste, il vient empoisonner la vie politique américaine à dix jours de l’entrée en fonction du futur président. Les révélations, avérées ou non, circulent sur les réseaux sociaux et dans les rédactions des grands quotidiens. Impossible donc de ne pas en faire état, d’autant plus qu’elles auront des conséquences politiques importantes.

Car de deux choses l’une: si toute cette histoire de chantage russe est cousue de fil blanc, les agences de renseignement américaines, au premier rang desquelles la CIA, devront rendre des comptes. Le président à venir fera tomber les têtes. Mais si elle est corroborée par des faits et que la connivence entre le candidat Trump et le Kremlin est prouvée, le président à venir se trouvera en mauvaise posture et pourrait même risquer une procédure d’impeachment. Une chose est certaine, la présidence de Donald Trump commencera sous les pires auspices.