Alors que Donald Trump justifiait, à coup de tweets, la décision qui interdit aux ressortissants de sept pays musulmans d’entrer sur sol américain, le secrétaire général de la Maison Blanche en a précisé les contours.

Les «green card», les détenteurs d’un permis de résident permanent aux Etats-Unis et ressortissants des sept pays visés pourront continuer à se rendre en Amérique, a finalement annoncé, dimanche, Reince Priebus, secrétaire général de la Maison Blanche. «Le décret n’affecte pas les cartes vertes», a-t-il expliqué sur NBC, tentant ainsi de clarifier la situation après deux jours d’informations contradictoires.

«Fake news»

Sur son compte Twitter, le président américain a défendu son décret. «Notre pays a besoin de frontières fortes et de vérifications extrêmes MAINTENANT» a-t-il écrit. «Regardez ce qui se passe en Europe et, en effet, dans le monde – chaos horrible!», a ajouté le président américain, commentant l’actualité de la veille depuis son compte personnel sur Twitter.

Sa réaction semble avoir été provoquée par la couverture de cette affaire par le New York Times auquel il a consacré son premier tweet de la matinée. Il y a qualifié le quotidien de référence de «FAKE NEWS» (fausses informations) en suggérant que quelqu’un le rachète pour le «remettre en ordre ou l’enterrer dignement».

Un juge fédéral de Brooklyn, saisi par plusieurs associations de défense des droits de l’homme, a ordonné samedi soir l’arrêt des expulsions de ressortissants des sept pays musulmans concernés par le décret présidentiel – Iran, Irak, Yémen, Somalie, Libye, Syrie, Soudan – disposant des papiers les autorisant à entrer aux Etats-Unis.

Premier frein au décret antimusulmans de Donald Trump

Vives réactions

Dans le monde musulman, la décision de Donald Trump provoque une vague d’indignation et certains préviennent qu’une telle mesure va faire le jeu de l’extrémisme.

L’Iran est le pays qui a réagi le plus vivement à cette décision jugée «insultante» en annonçant le principe de réciprocité aux voyageurs américains.

En Irak, la pression s’est accrue dimanche avec les appels à des mesures de réciprocité lancées par les députés de la commission des Affaires étrangères du Parlement ainsi que par une importante coalition de groupes paramilitaires irakiens qui participe à la bataille pour reprendre Mossoul aux jihadistes de l’EI.

«Nous réclamons que les Américains soient empêchés de se rendre en Irak, ainsi que le départ de ceux qui sont déjà présents» dans le pays, a déclaré le Hachd al-Chaabi (Mobilisation populaire) dans un communiqué.

Une telle mesure pourrait affecter la coopération militaire alors que plus de 4 800 soldats américains sont déployés en Irak pour aider à lutter contre l’EI.

Le jeu de l’ennemi

En Iran, la presse a tiré à boulets rouges sur le décret signé par le nouveau président américain: «Les Etats-Unis coupent leurs relations avec le peuple iranien», dit le grand quotidien Hamshahri. Pour le ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif, cette décision va avoir l’effet inverse de son objectif de lutter contre le terrorisme. Elle sera perçue «comme un grand cadeau aux extrémistes et à leurs protecteurs», a-t-il réagi dimanche dans un tweet. «Cette discrimination collective aide les terroristes à recruter en creusant la fracture initiée par les démagogues extrémistes» alors que «la communauté internationale a besoin de dialogue et de coopération pour s’en prendre aux racines de la violence et de l’extrémisme», notamment au Moyen-Orient, a-t-il ajouté.

Regrets indonésiens

Bien que n’étant pas concernée par l’interdiction, l’Indonésie, le pays comptant le plus grand nombre de musulmans, a également «profondément regretté» une décision qui «pourrait affecter la lutte globale contre le terrorisme» selon le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Arrmanatha Nasir.