C’est une «paix» d’un nouveau type qui a été signée mardi devant la Maison-Blanche. Réunis par Donald Trump, les responsables d’Israël, des Emirats arabes unis (EAU) et de Bahreïn ont promis un avenir prospère au «nouveau Proche-Orient» qu’ils se voient en train de dessiner. En l’absence des Palestiniens, et les mentionnant à peine, ils se sont félicités de démontrer aux yeux du monde que le chemin de la paix pour la région était «réaliste et atteignable». «Nous amenons de l’espoir à tous les fils d’Abraham», en est venu à proclamer le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, en référence à ces accords qui portent le nom du patriarche de la Bible.

Cette «normalisation» annoncée entre les Emirats arabes unis et Israël, à laquelle s’est joint il y a quelques jours le Bahreïn, est de fait l’aboutissement d’un long rapprochement. «Plus qu’une révolution, c’est plutôt la cristallisation d’un processus entamé il y a déjà plusieurs décennies», résume Cyrus Schayegh, professeur au Graduate Institute de Genève. Si ces pays n’entretenaient pas de relations diplomatiques, ils n’ont jamais été «en guerre» à proprement parler. Au contraire, pour faire face notamment à la menace terroriste, leurs services secrets échangeaient leurs renseignements; ils ont procédé au transfert d’armement ou de logiciels espions, et ils ont même participé à des manœuvres militaires conjointes. Les intérêts communs entre Israël et les monarchies du Golfe n’étaient plus guère qu’un secret de Polichinelle. Restait à trouver l’occasion de les rendre officiels.