108 kg pour 1m90, le président américain doit surveiller sa ligne et faire un peu plus d’exercice, estime son médecin. Le bilan de la visite médicale a été rendu public mardi soir. Le médecin de la Maison-Blanche a dressé mardi le tableau d’un Donald Trump en «excellente santé» sans le moindre indice de troubles cognitifs et qui devrait le rester jusqu’à la fin de son mandat, voire d’un deuxième s’il est réélu en 2020.

«Il n’y a absolument aucun signe d’un quelconque problème cognitif», a lancé le docteur Ronny Jackson lors d’un long échange avec les journalistes au cours duquel il a répondu avec moult détails aux questions sur l’état de santé du président de 71 ans.

Des tests cognitifs à la demande du président

Le médecin de la Maison-Blanche, qui a également suivi Barack Obama lorsqu’il était au pouvoir, a précisé qu’il n’y avait pas à ses yeux de nécessité de mener des tests d’évaluation cognitive mais qu’il avait procédé à ces derniers à la demande du président lui-même, soucieux de faire taire les spéculations.

Mettant en garde contre «la psychiatrie de tabloïd», il a assuré n’avoir aucune raison de penser que le président avait des problèmes de raisonnement. Les interrogations sur les capacités du milliardaire de New York ont été relancées par le livre polémique du journaliste Michael Wolff qui dresse un portrait au vitriol de l’ancien magnat de l’immobilier, assurant que son entourage doute de sa capacité à gouverner.

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Donald Trump lui-même a vigoureusement contesté l’idée, assurant sur Twitter que ses «deux atouts» tout au long de sa vie avaient toujours été sa «stabilité mentale» et le fait d’être «très intelligent». Il s’était, à cette occasion, auto-qualifié de «génie stable».

Des «gènes extraordinaires»

Le Dr Jackson, qui a examiné Donald Trump pendant environ quatre heures vendredi à l’hôpital militaire de Walter Reed, dans la banlieue de Washington, a insisté sur «l’excellente santé cardiaque» du président qui, a-t-il souligné, n’a jamais bu et jamais fumé. «Il est apte à exercer ses fonctions. Je pense qu’il le restera jusqu’à la fin de son mandat et même jusqu’à la fin d’un autre mandat s’il est réélu», a-t-il ajouté.

Comment évalue-t-il l’état de santé de M. Trump par rapport à la moyenne des personnes de son âge? «Sur la base de ses tests cardiaques, il est indiscutable qu’il est dans une excellente catégorie», a-t-il répondu. «Il a beaucoup d’énergie, d’endurance», a-t-il encore dit, évoquant des «gènes extraordinaires».

Assurant que M. Trump souhaitait perdre entre 4 et 7 kg au cours de l’année à venir, il a assuré qu’il allait prêter une attention particulière à son alimentation. Interrogé sur le mode de vie du président, il a souligné qu’il ne dormait pas beaucoup, «en moyenne 4 ou 5 heures par nuit». Et le matin, «il a une capacité singulière à juste se lever le matin et à repartir de zéro […]. Cela l’aide au niveau du stress.»

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Le détail du test cognitif

Dessiner l’heure sur une horloge, savoir nommer un chameau ou encore donner le point commun entre un train et un vélo: voilà à quoi ressemblaient les épreuves auxquelles a été soumis le président américain Donald Trump pour détecter d’éventuels troubles cognitifs.

Le dirigeant a obtenu le score maximum de 30/30 à ce test du Montreal Cognitive Assessment (MoCA). «Il n’y a absolument aucun signe d’un quelconque problème cognitif», a ainsi conclu Ronny Jackson. L’examen, conçu par le docteur Ziad Nasreddine et publié en 2005, est un des plus utilisés dans le monde pour dépister les personnes souffrant de dysfonctionnements cognitifs, en particulier quand il paraît s’agir de troubles légers. Toute inquiétude peut être levée au-delà de 26/30.

Dix minutes

Existant en de nombreuses versions et langues, il consiste en un court questionnaire d’une page destiné à mesurer entre autres la mémoire, les fonctions exécutives, les capacités d’abstraction, la concentration, le langage, le calcul, l’orientation dans le temps et l’espace. La durée du test est d’environ dix minutes.

Les personnes examinées ont instruction de copier un cube, dessiner une horloge indiquant une heure spécifiée (avec une note distincte pour le contour, les chiffres et les aiguilles), reconnaître trois animaux (par exemple, un lion, un rhinocéros et un chameau), selon un modèle type mis à disposition sur le site internet officiel du MoCA.

Dites: «Le colibri a déposé ses œufs sur le sable»

Elles doivent ensuite répéter une liste de mots (comme visage, velours, église, marguerite, rouge) et de chiffres, se les remémorer un peu plus tard et exécuter une série de soustractions faciles de type 100-7, puis 93-7 et ainsi de suite.

Si ses détracteurs lui reprochent un vocabulaire limité, le chef d’Etat américain a réussi haut la main l’épreuve du langage, selon le médecin. Il n’a ainsi eu aucun problème pour redire des phrases telles que: «Le colibri a déposé ses œufs sur le sable», ou pour énumérer en une minute le maximum de mots débutant par la même lettre.

Parmi les autres exemples de questions: «Dites-moi en quoi une montre et une règle se ressemblent.» Enfin, Donald Trump devait donner le jour, le mois et l’année, de même que l’endroit et la ville où il se trouvait.

On peut obtenir le test en français en PDF par ce lien.


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