Donald Trump ne s'attend pas à un sacre, mais presque. L'homme d'affaires est en tête des sondages républicains pour le «Super mardi», mardi 1er mars, des primaires présidentielles, dont il espère ressortir comme l'irrépressible favori pour l'investiture.

Chez les démocrates, Hillary Clinton est en position de force contre le sénateur du Vermont Bernie Sanders dans les 11 Etats qui voteront, notamment le Sud où les minorités lui confèrent un grand avantage.

Le verdict des urnes de mardi ne sera pas final dans la course des primaires, qui se terminera aux conventions d'investiture de chaque parti en juillet, pour la présidentielle de novembre. Mais la sentence pourrait être sévère voire éliminatoire pour les quatre rivaux républicains du promoteur immobilier.

Donald Trump, cible des attaques

Républicains et démocrates seront consultés simultanément dans 10 Etats, auxquels s'ajoutent le Colorado pour les démocrates, et l'Alaska pour les républicains. En une seule journée, environ un cinquième des délégués républicains et un quart des délégués démocrates seront attribués.

Donald Trump, qui a remporté trois des quatre premières consultations, est la cible d'attaques tous azimuts depuis une semaine. Dans les dernières 48 heures, il s'est vu reprocher d'avoir refusé de condamner le Ku Klux Klan, d'avoir retweeté une citation de Benito Mussolini, de forcer sur le faux bronzage ou d'être lié à la mafia du bâtiment.

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Il a ensuite prétexté une oreillette défectueuse et désavoué le soutien de David Duke, figure de l'extrême droite américaine et ancien responsable de l'organisation raciste en Louisiane, mais sa brève ambiguïté a suscité un tollé chez les républicains.

Certains conservateurs affirment publiquement qu'ils ne voteront pas Donald Trump à la présidentielle s'il portait les couleurs de leur parti.

«C'est le parti d'Abraham Lincoln», a dit le jeune sénateur Ben Sasse, issu du Tea Party, sur MSNBC. «S'il devient le parti de David Duke et Donald Trump, beaucoup d'entre nous partirons.»

Mais le milliardaire, qui dit avoir dépensé personnellement 25 millions de dollars à ce jour, a laissé entendre qu'en cas de mauvais coup du parti républicain, il pourrait se présenter en candidat indépendant en novembre.

Rubio et Cruz tentent de consolider l'opposition

«C'est vraiment un mouvement», a-t-il dit dans un meeting lundi en Géorgie, en répétant sa promesse de construire une véritable muraille infranchissable entre les Etats-Unis et le Mexique pour empêcher l'immigration clandestine.

«Je ne suis pas une personne énervée, je suis en colère contre l'incompétence de nos dirigeants», a-t-il dit dans un autre grand meeting en Virginie. «Dans deux ou quatre ans, vous vous souviendrez d'avoir été témoins de ces débuts. Nous allons lancer la renaissance de ce pays.»

Ses deux plus proches rivaux sont deux sénateurs quadragénaires, Marco Rubio (Floride) et Ted Cruz (Texas), aux positionnements politiques très différents, mais qui partagent un objectif: consolider l'opposition à Donald Trump tant qu'il est encore temps.

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Lui les traite en retour de «petit Marco et Ted le menteur», et fanfaronne en récitant les intentions de vote record en sa faveur. Marco Rubio a répondu dans le registre graveleux en se moquant des petites mains du milliardaire.

Seul Ted Cruz a battu Donald Trump, une fois (Iowa). Il mise sa survie sur une victoire dans son propre Etat du Texas mardi. La Floride de Marco Rubio votera le 15 mars.

Pour Hillary Clinton, l'enjeu est de regagner le statut de candidate inévitable qu'elle détenait avant l'ascension de Bernie Sanders.

Il ne l'a battue que dans un Etat pour l'instant (New Hampshire), et la carte électorale de mardi lui est peu favorable. L'ex-secrétaire d'Etat pourrait augmenter significativement son avance, bien que son équipe assure aux journalistes s'attendre à des secondes places mardi.

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Les démocrates noirs ont voté Hillary Clinton à 86% en Caroline du Sud. Si ceux de Géorgie et d'Alabama votaient pour elle dans les mêmes proportions, elle devrait l'emporter facilement.

Condamnant le vitriol des débats républicains, elle a promis à ses partisans lundi, près de Washington, de «démontrer à partir du "super mardi" que les Américains ont un autre choix».

Bernie Sanders, lui, compte sur son fief du Vermont, frontalier du Québec, et sur le Massachusetts. Sa campagne a quoi qu'il arrive les moyens financiers de poursuivre la course pendant plusieurs mois.