Primaires américaines

Donald Trump et Hillary Clinton s'imposent lors du «Super Mardi»

Le républicain conforte son rôle de favori à l'investiture républicaine alors que la démocrate commence à creuser l'écart avec Bernie Sanders

Soirée faste pour Donald Trump et Hillary Clinton. Lors du «Super Mardi» où onze Etats étaient en lice dans le cadre des primaires pour la présidentielle américaine du 8 novembre prochain, le républicain et la démocrate ont accentué leur avance sur leurs rivaux.

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Trump remporte 6 Etats, Clinton 7

Le milliardaire new-yorkais auquel personne ne donnait la moindre chance en juin dernier quand il lança sa candidature à la Maison-Blanche a remporté au moins six Etats. Aucun autre candidat ayant décroché l’investiture républicaine par le passé n’a gagné autant d’État du nord-est et du Sud profond à ce stade des primaires.

Le tribun new-yorkais, qui revendique le fait de ne pas faire partie de l’establishment républicain et de ne pas s’être compromis dans la politique de Washington, a réussi le prodige de convaincre des républicains modérés de la Nouvelle-Angleterre et des conservateurs et évangéliques d’Etats du Sud comme le Tennessee, l’Alabama ou la Géorgie. Si l’on y ajoute ses victoires dans le New Hampshire, en Caroline du Sud et dans le Nevada, Donald Trump a gagné huit des onze Etats en lice. Il progresse dans sa quête des 1237 délégués nécessaires pour être le candidat officiel du parti.

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De son côté, Hillary Clinton n’a pas déçu dans le Sud où la population afro-américaine, plus nombreuse, a plébiscité l’ex-secrétaire d’État dans six Etats au détriment de Bernie Sanders. Le sénateur a limité la casse en remportant les primaires dans son Etat du Vermont et en Oklahoma ainsi que les caucus du Colorado et du Minnesota. Il n’a en revanche pas réussi à renverser la vapeur dans le Massachusetts où les démocrates sont très ancrés à gauche. Pour Hillary Clinton, c'est une bonne performance, sachant que la très populaire et influente sénatrice du Massachusetts Elizabeth Warren a pour l'heure refusé de soutenir l'un ou l'autre candidat. L’ex-First Lady et ex-sénatrice de New York a fait un pas de plus vers l’investiture même si la course reste serrée.

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Le débat télévisé de dimanche prochain à Flint, dans le Michigan, pourrait revêtir une importance nouvelle et influencer le résultat d’un Etat doté de nombreux délégués. Mardi soir, Hillary Clinton avait, selon les derniers calculs, 763 délégués contre 223 pour Bernie Sanders. Elle doit en obtenir 2382 pour décrocher l’investiture.

Personne pour contrer l'ascension de Donald Trump

Les résultats du «Super Mardi» sont à peu près le scénario catastrophe pour le Parti républicain. Donald Trump, détesté par l’élite du Grand Vieux Parti, a conforté sa position de favori. Ironie de la situation : en 2014, le parti a changé les règles des primaires pour permettre au favori de s’imposer plus rapidement afin d’éviter des luttes interminables qui pourraient affaiblir le futur candidat investi à l'image de ce qui s'est passé en 2012. Or ce changement ne fait qu’accélérer la marche en avant de Donald Trump. Et lors de prochaines primaires, le vainqueur pourra engranger la totalité des délégués alloués (winner-take-all) alors que jusqu'ici, ils ont été distribués de façon proportionnelle. Une règle qui risque là aussi d'avantager le New-Yorkais.

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Derrière lui, rien ne laisse présager un rassemblement autour d’un candidat pour contrer le milliardaire de New York. Le sénateur Ted Cruz a remporté son Etat du Texas ainsi que l’Oklahoma. Fort de trois victoires dans les primaires après l’Iowa, il a appelé mardi soir les autres candidats républicains à se rallier derrière sa candidature pour stopper Donald Trump. Difficile d’imaginer toutefois que l’establishment républicain apporte son soutien au Texan qui, depuis qu’il est à Washington (élu en 2012), n’a cessé de ruer dans les brancards, suscitant l’ire des sénateurs républicains qui ont, sans exception, refusé de soutenir sa candidature. C’est lui qui, en 2013, a provoqué une fermeture partielle de l’administration américaine (government shutdown) en tentant, sans la moindre chance d’aboutir, de supprimer le financement d’Obamacare, la réforme de la santé.

Le mauvais mardi de Marco Rubio

Marco Rubio a passé un mauvais mardi. Mais le sénateur de Floride est lui aussi loin de vouloir mettre fin à sa campagne électorale. S’il a enfin gagné un Etat, le caucus du Minnesota, il a essuyé un cuisant échec dans le Sud et même dans des Etats du nord comme le Massachusetts. En termes de délégués, il est en train d’accuser un retard considérable sur Donald Trump. Les dernières déclarations de Marco Rubio au sujet de Donald Trump la semaine dernière n’ont manifestement pas porté leurs fruits. Nombre de partisans du sénateur de Floride sont des diplômés universitaires qui ont peu apprécié la vulgarité de ses propos. Ce faisant, le sénateur de Floride se mettait au niveau de son rival Trump qu’aucun outrage ne semble pénaliser. Pour ajouter à l’amertume du candidat de Floride qui fut élu au Sénat à Washington grâce au Tea Party, Fox News laissait entendre mardi soir que le gouverneur républicain de Floride, Rick Scott pourrait apporter son soutien à Donald Trump. Un coup dur pour le sénateur né de parents cubains qui, hier soir, paraissait prostré, dans un état de déni de réalité.

John Kasich enfin ne compte pas non plus jeter l’éponge. Etant à couteaux tirés avec Donald Trump pour gagner l’État du Vermont, se plaçant bien dans le Massachusetts, il estime avoir un chemin vers l’investiture. Il se présente avec emphase comme le seul candidat modéré des primaires républicaines et refuse de mener une campagne négative. Il espère remporter l’État dont il est le gouverneur, l’Ohio, le 15 mars, pour tenter un éventuel coup lors de la convention républicaine de Cleveland en juillet prochain.

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