L’essentiel

Journée internationale du travail: c’est un 1er mai sans rassemblements, ni manifestations qui s'est déroulé ce vendredi.

Les autorités fédérales ont notamment apporté quelques précisions sur l'application de traçage, qui devrait apparaître le 11 mai.

Donald Trump, convaincu que le virus proviendrait d’un laboratoire chinois à Wuhan menace la Chine de taxes douanières.

Retrouvez  le résumé de la journée d’hier


■ Un instantané: le 1er mai à Hongkong

Des manifestants pro-démocratie voulaient s'exprimer en ce jour du travail. La présence, et la dissuasion, policières ont été massives.


■ L'app de traçage sera prête en première version le 11 mai

Marcel Salathé, responsable du groupe d'experts «épidémiologie numérique» à l'Office fédéral de la santé publique, a indiqué qu'une première version de l'application qui doit permettre de retracer les chaînes d'infection au Covid-19 devrait être prête le 11 mai prochain. Une version définitive devrait suivre d'ici à la fin du mois.

Il s'agit du projet DP3T, pour «Decentralized Privacy-Preserving Proximity Tracing». L'app fait l'objet de tests actuellement par des chercheurs de l'EPFL et de l'EPFZ – l'EPFL a d'ailleurs communiqué ce jour à ce sujet.

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Basé sur le Bluetooth, cet instrument enregistre les contacts d'une durée de plus de quinze minutes, à une distance inférieure à deux mètres. Si l'un de ces contacts est touché par le Covid-19, le propriétaire du téléphone reçoit une alerte.

Cette notification est générée par le téléphone lui-même, assure Marcel Salathé. Cette technologie décentralisée offre ainsi des garanties du point de vue de la protection des données, car il n'y a pas d'informations personnelles stockées de manière centralisée.

L'installation se fait de manière volontaire. Et la personne alertée d'un contact avec une personne malade décidera elle-même si elle souhaite contacter un médecin.

Les développeurs de cette application sont encore dans l'attente des Interfaces de programmation d’application d'Apple et de Google.


■ 13 millions de masques ont été livrés aux commerces

La Confédération a livré 35 millions de masques jusqu'à la fin du mois d'avril. Treize millions l'ont été pour le commerce de détail, 22 millions pour les cantons, a indiqué cet après-midi Markus Näf, coordinateur des achats auprès du Département fédéral de la défense, que résume l'ATS.

La Confédération compte également environ 20 millions de masques en stock et attend des livraisons de la part de six avions.

En outre, des masques textiles sont désormais également disponibles. Le laboratoire des matériaux Empa a approuvé les recommandations de la task force scientifique sur la question. Cela signifie que de tels masques fabriqués en Suisse sont maintenant disponibles sur le marché.

Quant au prix des masques, il a diminué de deux tiers ces dernières semaines. Les prix oscillent entre 25 centimes et 50 centimes l'unité, estime le responsable.


■ L'ère de «l'endiguement» approche

«Nous envisageons une nouvelle phase, une phase d'endiguement»

Daniel Koch, chef de crise du coronavirus à l'OFSP.

Il s'agit donc de freiner le plus possible la propagation du coronavirus. Chacun doit s'efforcer de ne pas transmettre le virus et de ne pas l'attraper: les règles primordiales de la distance sociale et d'hygiène - se laver les mains- restent en vigueur et doivent impérativement être respectées.

Le cas de Zoug. Ce vendredi à Berne, le médecin cantonal de Zoug Rudolf Hauri a détaillé la pratique dans son canton.

  • Les personnes testées positives sont appelées par téléphone et mises en quarantaine.
  • Elles reçoivent, ainsi que leur entourage, des instructions par oral et une check-list leur est envoyée.
  • Les autorités s'informent sur leurs contacts des dernières 48 heures.
  • Une fois ces données recueillies, la ligue pulmonaire prend contact avec ces personnes et leur entourage et leur explique les règles à suivre en quarantaine.
  • La ligue entretient des contacts quotidiens avec ces personnes et s'enquiert de leur état de santé. Cas échéant, une hospitalisation est envisagée. Le médecin de famille est associé à ces processus.
  • Une fois la quarantaine écoulée, les autorités décident si elle peut être levée.

Ce mode opératoire est bien accueilli par la population dans le canton de Zoug, a souligné le médecin cantonal, car tout le monde en profite.

Nos explications: La Suisse passe en mode «endiguement strict»


■ Trois instantanées: le 1er mai dans le monde 

Palestine. Des hommes réalisent la prière du vendredi, une semaine après le début du ramadan.

En Chine, les activités touristiques reprennent peu à peu leur rythme. 

Bayonne en France. En dépit de pouvoir manifester dans la rue, les Français se contentent eux aussi de leur balcons. 


■ Le Conseil fédéral refuse toujours d'intervenir sur les loyers

Les locataires et les bailleurs de locaux commerciaux doivent trouver une solution à l'amiable en cas de problèmes liés au Covid-19. Le Conseil fédéral ne veut toujours pas intervenir. Il a rejeté vendredi les demandes de plusieurs commissions parlementaires.

Celle de l'économie du Conseil des Etats demande une exonération pour les petites entreprises et les indépendants dont le loyer ne dépasse pas 5000 francs et qui ont dû fermer ou qui subissent une perte de chiffre d'affaires de plus de 50%. Pour le Conseil fédéral, cette solution est trop générale et ne tient pas compte de la diversité des baux à loyer.

Le système d'incitation pour les loyers supérieurs à 5000 francs par mois ne convainc pas non plus le gouvernement. Il va à l'encontre de la stratégie du Conseil fédéral qui vise à soutenir l'économie en privilégiant l'octroi d'aides sous forme de liquidités en faveur aussi bien des locataires que des bailleurs.


■ Conférence de presse de l'OFSP 

Réuni ce vendredi, le groupe de travail scientifique célèbre aujourd'hui son premier mois d'existence.

Sur le nombre de cas: Vendredi à midi, la Suisse comptait 29 705 cas de coronavirus confirmés en laboratoire, ce qui signifie 119 cas supplémentaires en un jour. Le Liechtenstein est compris dans ces chiffres, précise l'OFSP. 1435 personnes sont décédées de la maladie.

Par rapport à la taille de leur population, les cantons de Genève, Tessin, Vaud, Bâle-Ville et du Valais sont les plus touchés.

Hospitalisations: A ce jour, 3705 hospitalisations en lien avec un Covid-19 confirmé en laboratoire ont été déclarées. Sur les 3292 personnes hospitalisées pour lesquelles des données complètes sont disponibles, 14% n'avaient aucune maladie préexistante et 86% en avaient au moins une.

Sur l'application de traçage: Marcel Salathé apporte des précisions sur l'application de traçage qui devrait être opérationnelle dès le 11 mai. 

Il s'agit d'un mécanisme qui respecte la vie privée

Les données seront régulièrement effacées et aucune données ne sera stockée nulle part, a assuré Marcel Salathé.

Ecoles professionnelles: Les examens dans les écoles professionnelles seront effectués selon les directives du Conseil fédéral, à distance ou sur place. Le sort des examens pratiques des études de médecine n'est pas encore claire.

La date de cet examen peut être reportée à la mi-août, a indiqué le directeur adjoint du Secrétariat d'Etat à l'éducation, à la recherche et à l'innovation (SERI), Josef Widmer.

Contrairement aux examens de la maturité ,«normale», les examens de la maturité fédérale auront lieu, a poursuivi M. Widmer. La commission compétente cherche une solution pour l'adapter aux circonstances. Enfin, un groupe de travail va se pencher sur la problématique des places d'apprentissage. La situation est difficile pour de nombreux jeunes, raison pour laquelle le conseiller fédéral Guy Parmelin a décidé de créer une une task force à cet effet. Les solutions pourraient d'être d'ordre financier mais pas seulement. Les premiers résultats sont attendus à la mi-mai, a déclaré M. Widmer.

Sur la transmission du virus par les enfants: Les enfants ne jouent pas un rôle important dans la propagation du coronavirus, ont répété les experts de la Confédération. La réouverture prochaine des écoles ne représente donc pas un problème, ni pour les parents, ni pour les enseignants, a renchéri Daniel Koch, le chef de crise du coronavirus à l'Office fédéral de la santé publique (OFSP).

Il n'est pas exclu que les enfants puissent transmettre la maladie mais ces cas sont peu documentés. Les enfants sont cependant moins efficaces en cela que les adultes, a affirmé pour sa part Matthias Egger, chef de la task force scientifique mise sur pied par la Confédération.

Daniel Koch a évoqué une étude réalisée en Australie, où les écoles n'ont pas été fermées, et où la transmission par des enfants a été extrêmement rare. Les études en Chine ont aussi montré que les principaux vecteurs de la maladie sont les adultes, selon lui.

Célébration de mariage: «Il faut éviter une nouvelle augmentation des cas», prévient Daniel Koch sans pour autant se prononcer. «Le Conseil fédéral se prononcera sur de telles mesures le moment venu.» 

Sur le risque d'une nouvelle vague d'infections: Pour Daniel Koch, le comportement des Suisses sera décisif. «Ce ne sont pas les mesures qui feront la différence mais le comportement des gens. Je pense qu'il est difficile de faire des prévisions sur cela.» 

Port du masque par les enfants: «En principe, le masque ne peut être porté que par une personne capable de le mettre et de l'enlever.» Par ailleurs, la Confédération a livré 35 millions de masques jusqu'à la fin du mois d'avril. Treize millions l'ont été pour le commerce de détail, 22 millions pour les cantons, a indiqué Markus Näf, coordinateur des achats auprès du Département fédéral de la défense (DDPS).

Tests de dépistage: «Nous sommes entrain de discuter avec les cantons, car une partie de ces tests devraient être payés par eux.»


■ Le Conseil fédéral refuse une aide d'urgence aux médias

Les médias jouent un rôle important pour la démocratie. Le Conseil fédéral est conscient de la situation difficile dans laquelle ils se trouvent. Mais il rejette les motions déposées par les commissions des télécommunications. Il a déjà proposé au Parlement un train de mesures.

Les commissions demandent une enveloppe totale de 65 millions de francs. Le paquet gouvernemental offre une aide à toutes les catégories de médias. Les mesures visent une amélioration des conditions générales à long terme. Elles constituent une réponse à la crise structurelle des médias et sont plus ciblées et durables que des mesures immédiates, justifie vendredi le gouvernement.

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Lorsque le Parlement aura donné son aval aux propositions, le gouvernement les mettra en oeuvre rapidement, assure-t-il dans sa réponse. Un échelonnage est possible afin d'avancer plus rapidement. Cela toucherait notamment l'extension de l'aide indirecte à la presse (suppression de la limite supérieure du tirage et du critère des têtières).

Le gouvernement rappelle que les médias peuvent aussi recourir aux prêts sans intérêt ou à taux préférentiels garantis par la Confédération. Cela leur permet d'assurer les liquidités à court terme. L'Office fédéral de la communication a accepté des avances sur la quote-parte de la redevance radiot/TV.


■ Les syndicats veulent mieux protéger les travailleurs exposés

Absents des rues à l’occasion de la Fête du travail, les syndicats ont cependant des revendications à faire valoir.

Unia résume ses demandes en quatre points: améliorer le pouvoir d’achat des personnes à faibles et moyens revenus, empêcher les licenciements liés au coronavirus et les faillites en cascade, mettre en œuvre la protection de la santé au travail dans l’ensemble du pays et renforcer les droits des salariés. Le syndicat réclame aussi le versement du salaire à 100% en cas de chômage partiel jusqu’à un salaire net de 5000 francs.

De son côté, Syndicom insiste sur l’importance des employés et du service public, qui forment le socle de la vie économique, comme «la crise du coronavirus le montre». Ils ne reçoivent cependant pas l’estime qu’ils méritent. «Une estime, qui se définit aussi par les salaires et les conditions de travail», relève le syndicat dans un communiqué, exigeant que la politique tire les bonnes leçons de cette crise pour s’armer face aux prochaines.

Il y a du rattrapage à faire dans beaucoup de secteurs, notamment la conciliation de la vie professionnelle et de la vie privée, et dans les branches où des prestations hors du commun «ont été accomplies ces dernières semaines», observe Travail.Suisse. «Laisser les soins de santé au seul jeu de l’offre et de la demande est non seulement malsain, mais aussi suicidaire», note encore le président de Syna, Arno Kerst.


■ Deux instantanées: un 1er mai novateur en Suisse

Au lieu de descendre dans la rue, Zurichoises et Zurichois ont pour une fois manifesté sur leurs balcons: avec un «concert» de couvercles, ils ont bruyamment revendiqué des salaires plus élevés pour le personnel de la vente et soignant.

Dans le canton de Vaud, la population à été invitée à afficher ses revendications sociales durant toute la journée en suspendant une banderole ou une pancarte au balcon ou à la fenêtre. Slogan pour cette manifestation alternative: «Notre santé avant leurs profits».

L’alternative se décline en actions virtuelles sur les réseaux sociaux et physiques sur les balcons. Syndicats et partis de gauche vaudois ont notamment invité les gens à se retrouver sur les balcons dès 18h00 pour entonner des chants militants tels que l’«Internationale» ou «Bella Ciao».

L’idée était aussi d’accrocher en journée aux fenêtres et balcons des banderoles, pancartes, etc, en reprenant le slogan unitaire «Notre santé avant leurs profits», selon l’invitation en vidéo du mouvement Grève du climat Vaud.


■ Pas d’appli pour retracer les contacts sans base légale

Une application de traçage de contact Covid-19 ne doit pas être introduite sans base légale. A l’instar de son homologue du National, la commission des institutions politiques du Conseil des Etats a déposé, par 11 voix contre 1, une motion en ce sens.

La commission est préoccupée des conséquences qu’une application de ce type pourrait avoir sur la sphère privée. Elle a insisté sur la nécessité de fonder cette application sur une base légale solide, communiquent vendredi les services du Parlement.

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La commission précise aussi que l’utilisation doit se faire sur une base volontaire. Seules les solutions techniques qui ne stockent pas les données personnelles de manière centralisée doivent être utilisées.

L’application suisse DP-3T devrait être mise sur le marché d’ici au 11 mai. Elle doit permettre de retracer les personnes étant entrées en contact avec une personne testée positive au virus et de les avertir du risque auquel elles ont été exposées.


■ L’OMS veut s’inviter en Chine pour enquêter

Les autorités sanitaires mondiales, sévèrement critiquées par les Etats-Unis pour ne pas avoir immédiatement saisi la gravité du nouveau coronavirus, ont appelé vendredi Pékin à les inviter à participer aux enquêtes sur les origines animales du virus.

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«L’OMS souhaiterait travailler avec des partenaires internationaux et, à l’invitation du gouvernement chinois, participer à l’enquête sur les origines animales», a indiqué un porte-parole de l’organisation, Tarik Jasarevic, à l’AFP.


■ Le secteur du tourisme craint une vague de faillites

Le secteur suisse du tourisme redoute une vague de faillites en raison de l’épidémie de Covid-19. Selon une enquête publiée vendredi par la branche, quelque 3200 établissements totalisant quelque 30 000 emplois seraient menacés dans leur existence.

L’hôtellerie prévoit ainsi un taux de remplissage de 9% en mai. Lors des mois d’été, ce taux ne devrait pas dépasser les 20-24%, selon l’étude publiée vendredi. Pour l’ensemble du secteur du tourisme, les pertes pourraient atteindre 8,7 milliards de francs entre mars et juin.


■ Plus de 50 journalistes tués depuis le début de la pandémie

Plus de 50 journalistes de 23 pays ont été tués depuis début mars par le virus, selon l’ONG genevoise Presse Emblème Campagne (PEC). Celle-ci a dénoncé vendredi les nombreuses violations depuis le début de la pandémie, à deux jours de la Journée mondiale de la liberté de la presse.

La protection pour les médias a souvent été insuffisante, selon l’ONG. Elle cible la fermeture de sites internet, des détentions arbitraires de journalistes, des attaques physiques et verbales ou encore des législations d’exception réduisant la liberté des travailleurs des médias.

«La lutte contre le coronavirus est utilisée comme prétexte par certains gouvernements pour réprimer» les libertés fondamentales, a déclaré le secrétaire général de la PEC Blaise Lempen. «Nous condamnons ces violations excessives injustifiées».

Et de relever la contribution importante des travailleurs des médias pour les citoyens dans la crise actuelle. Or, dans plusieurs pays, la distanciation physique, le port de masques, les recommandations d’hygiène et les quarantaines n’ont pas été appliqués, surtout au début de l’épidémie, déplore l’ONG.


■ En France, le prix des masques chirurgicaux plafonné à 95 centimes

Le prix des masques chirurgicaux qui seront vendus dans les commerces dans le cadre du déconfinement sera plafonné à 95 centimes d’euro l’unité, mais il n’y aura pas de plafond pour les masques textile, a annoncé vendredi la secrétaire d’Etat française auprès du ministre de l’Economie, Agnès Pannier-Runacher.

«J’ai pris deux décisions. La première est de plafonner le prix des masques en papier à usage unique de type chirurgical, qui ne pourra pas dépasser 95 centimes d’euro par masque», a-t-elle déclaré sur RTL. Pour les masques tissu, pas d’encadrement des prix pour l’instant, mais «il y a aura des enquêtes chaque semaine» pour s’assurer «qu’il n’y ait pas de dérive des marges».


■ Ryanair prévoit jusqu’à 3000 suppressions d’emplois

La compagnie à bas coût Ryanair a annoncé vendredi qu’elle allait supprimer jusqu’à 3.000 emplois, principalement parmi les pilotes et le personnel naviguant, en raison de la paralysie du transport aérien en pleine pandémie.

Le point en Suisse: Berne volera au secours du secteur aérien suisse

Le transporteur aérien irlandais précise dans un communiqué que ses vols seront à l’arrêt jusqu’au mois de juillet au moins et qu’il faudra attendre deux ans, soit l’été 2022, pour un retour à la normale.


■ De l’école au bureau, la Chine dépiste tous azimuts

Des vendeuses aux chauffeurs de taxi en passant par les lycéens et les cadres, la Chine traque sans relâche le nouveau coronavirus, dans l’espoir d’éradiquer définitivement l’épidémie.

Chaque jour, des dizaines de milliers de personnes passent un test de dépistage dans le pays où le Covid-19 a fait son apparition à la fin de l’an dernier, avant de contaminer plus de 3 millions de personnes dans le monde. Objectif: éviter à tout prix une deuxième vague épidémique.

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La cellule de crise du gouvernement, présidée par le Premier ministre Li Keqiang, a appelé la semaine dernière à des efforts redoublés pour tester la population, alors que des cas importés sont toujours signalés après que la pandémie a été largement maîtrisée sur le sol national.

Autre hantise: les cas asymptomatiques susceptibles de transmettre le virus sans même savoir qu’ils sont eux-mêmes atteints.

En conséquence, les laboratoires pharmaceutiques multiplient dans tout le pays les lignes de production de tests à l’acide nucléique, tandis que les plateformes de commerce en ligne comme Alibaba et JD. com permettent aux particuliers de réserver en quelques clics un test de dépistage.


■ Un 1er Mai sans manifestation mais plein d’interrogations

La planète confinée fête vendredi le 1er-Mai sans aucune manifestation ou rassemblement prévu, en dépit de premières mesures de déconfinement en Europe, où le virus est à l’origine d’un désastre économique d’ampleur inégalée, tout comme aux Etats-unis.

La fête du Travail, jour férié de très nombreux pays dans le monde (avec des exceptions comme les Etats-Unis, le Canada ou l’Australie), ne donnera lieu cette année à aucun rassemblement traditionnel. C’est sans précédent dans l’histoire des syndicats.

Ces derniers ont néanmoins appelé à d’autres formes de mobilisation, virtuelles sur les réseaux sociaux, ou «perchées» sur les balcons et façades d’immeubles à l’aide de pancartes ou de banderoles.

Ils tenteront ainsi de rappeler l’importance des «invisibles de nos sociétés», soignants ou caissières, qui «continuent à travailler le plus souvent au risque de leur vie», selon plusieurs syndicats français.

Quand ils le peuvent encore. Aux Etats-Unis, où cette journée n’est pas fériée, ce sont au total plus de 30 millions d’Américains qui ont fait une demande d’allocation chômage depuis la mi-mars, un record historique. Plusieurs entreprises ont commencé à publier des résultats, dont Amazon, le géant de la vente en ligne, qui a prédit un profit nul pour le prochain trimestre. Boeing, frappé de plein fouet par l’arrêt des voyages internationaux, a signalé le lancement d’un prêt obligataire de 25 milliards de dollars.


■ Le Portugal dévoile un plan de déconfinement par étapes

Le gouvernement portugais a dévoilé jeudi un plan de déconfinement par étapes étalé sur l’ensemble du mois de mai. Ce programme débutera lundi avec la réouverture des petits commerces de rue, des salons de coiffure ou des stands automobiles.

«Nous pouvons commencer à faire des pas en direction du déconfinement», a déclaré le Premier ministre Antonio Costa en présentant le «plan de transition» adopté en conseil des ministres. Le championnat de football pourra reprendre le dernier week-end de mai et les grandes surfaces commerciales attendront le 1er juin pour rouvrir leurs portes.

Avant cela, les écoles rouvriront le 18 mai, mais seulement pour les lycéens devant préparer des examens de fin d’études. Pour ce faire, le gouvernement a chargé l’armée d’une vaste opération de désinfection des établissements scolaires. Les crèches pourront rouvrir début juin, mais l’enseignement à distance sera maintenu jusqu’à la fin de l’année pour les écoles primaires et les collèges.

Ce sera le 18 mai aussi pour les musées et les galeries d’art, les bars et les restaurants, qui seront tous soumis à de nouvelles règles de sécurité sanitaire et de distanciation sociale. Les théâtres et les cinémas rouvriront le 1er juin. Tout au long du mois de mai, le télétravail devra rester la règle lorsqu’il est possible.