Donald Trump a annoncé, mercredi, le lancement de son propre réseau social baptisé «Truth Social», après avoir été banni en janvier de Twitter, Facebook et YouTube. «J’ai créé Truth Social et le groupe Trump Media and Technologie (TMTG) pour résister face à la tyrannie des géants des technologies», a affirmé l’ancien président dans un communiqué, précisant que sa plateforme devrait être lancée au premier trimestre 2022. Les grandes entreprises de la Silicon Valley ont «utilisé leur pouvoir unilatéral pour réduire au silence les voix dissidentes en Amérique», a ajouté Donald Trump.

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«Nous vivons dans un monde où les talibans ont une énorme présence sur Twitter alors que votre président américain préféré a été réduit au silence. C’est inacceptable», poursuit Donald Trump.

La plateforme appartiendra au groupe nouvellement créé TMTG, une structure qui fournira également un service de vidéo à la demande et des podcasts «non-woke», précise le communiqué.

L’ancien président promettait depuis des mois la création prochaine de son propre réseau social. La plateforme «Truth Social» sera accessible en version bêta sur invitation dès novembre 2021, indique le communiqué tandis que le nouveau groupe médiatique du milliardaire, TMTG, comprendra aussi un service de vidéo à la demande avec des programmes de divertissement et des podcasts «non-woke».

Une promesse de longue date

Le milliardaire républicain avait été évincé de Facebook, Twitter et YouTube après l’assaut meurtrier du Capitole mené par ses partisans lors de la cérémonie de certification de la victoire de son rival Joe Biden à l’élection présidentielle, le 6 janvier.

Avant d’être banni, Donald Trump comptait près de 89 millions d’abonnés sur Twitter - où il avait annoncé nombre de grandes décisions présidentielles et des limogeages tonitruants - ainsi que 35 millions sur Facebook et 24 millions sur Instagram.

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Furieux de ne plus avoir accès à son porte-voix favori, où il avait mené campagne en 2016, annoncé nombre de grandes décisions présidentielles ainsi que des limogeages tonitruants, l’ex-président avait promis la création d’un réseau social. Il avait brièvement lancé en mai un blog, qui n’était en fait qu’un onglet sur son site où étaient rassemblés ses communiqués, avant d’y mettre un terme sous les moqueries d’observateurs convaincus qu’il s’agissait du réseau social promis.

En janvier, l’ostracisation soudaine du chef de l’Etat avait largement été qualifiée de «censure» par les républicains, et globalement saluée par les élus démocrates, et la société civile américaine. Mais en Europe, elle avait suscité des critiques d’associations et de dirigeants, dont la chancelière allemande Angela Merkel, inquiets du pouvoir des sociétés technologiques sur la liberté d’expression.

Un groupe valorisé en bourse

Le groupe Trump Media & Technology va fusionner avec Digital World Acquisition Corp (DWAC) afin d’être cotée, indique le communiqué.

L’entreprise DWAC est une Spac («Special Purpose Acquisition Company»), une société sans activité commerciale et dont le but est de lever des fonds en entrant sur une place boursière, puis de fusionner avec une société cible qui souhaite se faire coter, le nouveau groupe de Donald Trump en l’occurrence.

DWAC est cotée à l’indice Nasdaq et, toujours selon le communiqué, le nouveau groupe de Donald Trump serait ainsi valorisé à 875 millions de dollars.