États-Unis

Donald Trump a mal à ses impôts

Le président aurait perdu plus d’un milliard de dollars sur une décennie, du temps où il était promoteur immobilier. Il est le seul président depuis Richard Nixon à refuser la transparence

Alors que les candidats à l’élection présidentielle de 2020 publient les uns après les autres leurs récentes déclarations d’impôts par souci de transparence, Donald Trump refuse toujours de divulguer les siennes. Mardi, le Trésor a définitivement douché les espoirs des démocrates du Congrès en affirmant «ne pas être autorisé» à le faire. Quelques heures plus tard, boum, le New York Times, dévoile des informations fiscales inédites concernant Donald Trump, qui portent sur la période 1985-1994. Elles démontrent qu’il était dans le rouge pendant ces années.

Déprécier les actifs

Selon l’enquête du journal, Donald Trump aurait perdu plus de 1,2 milliard de dollars entre 1985 et 1994, ce qui lui a permis de ne pas payer d’impôts sur le revenu pendant huit ans. Le président a immédiatement rétorqué, sur Twitter, par un «fake news», parlant d’informations très anciennes et inexactes. Déprécier les actifs pour faire apparaître des pertes et ne pas payer d’impôts était à l’époque une pratique courante des promoteurs immobiliers, explique-t-il par ailleurs.

C’est pendant ces années de situation financière catastrophique que Donald Trump publie, en 1987, son livre The Art of the Deal, sur l’art de la négociation. Il n’était pourtant apparemment pas un exemple à suivre. Pendant cette période, Donald Trump a perdu plus d’argent que n’importe quel autre contribuable américain, souligne le New York Times, qui a comparé ses résultats avec des informations détaillées compilées par les autorités fiscales américaines sur un échantillon de personnes à haut revenu. L’image de l’homme d’affaires à succès, qui fait fructifier ses transactions et a le nez pour dénicher des contracts juteux, prend un sérieux coup.

Un bras de fer toujours plus féroce

Donald Trump est le premier président depuis Richard Nixon à refuser de divulguer ses documents fiscaux. Désormais majoritaires à la Chambre des représentants, les démocrates multiplient les enquêtes à son sujet et font pression depuis de longs mois pour obtenir ses déclarations d’impôts, ce qui semble être peine perdue. Ils sont d’autant plus motivés à ne rien lâcher que les conditions de publication du rapport Mueller les ont échaudés.

Ils espèrent toujours auditionner le procureur spécial qui a enquêté pendant près de deux ans sur l’affaire russe, et viennent, mercredi, de lancer une procédure inhabituelle de défiance contre le ministre de la Justice Bill Barr. Ce bras de fer devient toujours plus féroce. Donald Trump a pour la première fois décidé d’invoquer le privilège de l’exécutif pour empêcher la publication intégrale du rapport sans les passages caviardés censés protéger des informations confidentielles.

L’intransigeance de Donald Trump à propos de ses impôts, déjà critiquée durant sa campagne, ne devrait a priori pas vraiment lui nuire: elle n’a pas été un obstacle à son élection. Selon un récent sondage de Gallup, le président américain vient par ailleurs de battre son record de popularité depuis son investiture: pour la première fois, il atteint 46% d’avis favorables, contre 50% d’avis négatifs.

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