Un empereur tyrannique et vaniteux qui joue de la lyre en regardant Rome s’embraser. Cette comparaison avec Néron, Donald Trump nous l’a lui-même offerte sur un plateau d’argent en tweetant, le 9 mars, une image le montrant, l’air satisfait, jouant du violon sur un fond orange, avec ce commentaire: «Mon prochain morceau: rien n’arrêtera ce qui se prépare.» Elle s’applique particulièrement bien à sa gestion de la pandémie. Donald Trump paraît parfois regarder l’incendie s’étendre. Pire: contribuer à ce qu’il se répande.

Ces derniers jours, alors que le coronavirus a déjà provoqué plus de 84 000 morts aux Etats-Unis, il a, pêle-mêle, soutenu des manifestations anti-confinement fréquentées par des Américains lourdement armés, suggéré d’avaler des désinfectants pour guérir du Covid-19, minimisé les risques pour la santé publique et enjolivé le bilan de la pandémie. Son but: déconfiner et relancer les activités économiques. Son obsession: être réélu le 3 novembre. Mais à quel prix? Lors d’une audition devant le Sénat mardi, l’épidémiologiste Anthony Fauci, figure respectée de la task force Covid-19 de la Maison-Blanche, a été très clair: un déconfinement hâtif pourrait avoir de «très graves conséquences». Y compris sur le plan économique.