Etats-Unis

Donald Trump nomme un stratège controversé

Stephen Bannon est connu pour ses idées antisémites. Il entretient des contacts avec des mouvements d’extrême droite européens

C’est le genre d’annonce qui ne va pas apaiser les protestataires anti-Trump qui ont encore donné de la voix à travers les Etats-Unis ce dimanche. Dans une grande interview accordée à la chaîne CBS, le milliardaire a confirmé qu’il nommera Stephen (dit «Steve») Bannon, son directeur général de campagne depuis l’été 2016, comme «haut conseiller et chef de la stratégie».

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L’apologue de Sarah Palin

Or l’homme, connu pour ses idées populistes, était, jusqu’à ce qu’il rejoigne officiellement l’équipe Trump, le patron du site d’informations ultra-conservateur Breitbart News, qui compte d’ailleurs développer des projets en France. Il entretient des liens avec des mouvements d’extrême droite européens, et ne cache pas son admiration pour les «femmes Le Pen». Il est l’auteur d’un film faisant l’apologie de Sarah Palin («The Undefeated») et a également consacré un documentaire à Ronald Reagan, «In the Face of Evil».

Stephen Bannon, rappellent plusieurs médias américains, propagerait des thèses antisémites. Un journaliste de Fox News n’a pas hésité à le surnommer «Goebbels». C’est lui qui a porté Donald Trump à la victoire le 8 novembre dernier.

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Passé par Goldman Sachs

Le futur stratège est un ancien officier de la Navy passé par la case de l’Université Harvard puis Goldman Sachs. Il a même fondé une banque d’investissement, Bannon & Co, en 1990, avec d’anciens collègues de Goldman Sachs, une banque spécialisée dans les médias. Il est devenu riche en cédant une société de productions cinématographiques à Ted Turner.

Il est aussi derrière le Governement Accountabilty Institute, à qui l’on doit le livre, sorti en 2015, «Clinton Cash», qui révèle les dessous de la fortune des Clinton.

Un divorce brutal

Son ex-femme, Mary Louise Piccard, a fait savoir, devant la cour qui se penchait sur leur divorce, qu’il ne voulait pas que leurs filles jumelles fréquentent la Archer School for Girls de Los Angeles parce qu’il y avait «trop de juifs». Le couple a visiblement dû faire face à un divorce très douloureux. Son ex-femme – la deuxième – l’avait accusé de violences en 1996: il l’aurait saisie au cou et menacé de kidnapper ses filles. Mais Stephen Bannon n’a jamais été condamné, sa femme n’ayant pas comparu devant le tribunal pour cette affaire.

Dans une enquête qui lui est consacrée, The New Republic a ces mots, qui résument le personnage: «Bannon a la passion idéologique, les ressources financières, les connexions dans les médias, un sens astucieux du fonctionnement de la politique américaine. Ce dont Bannon a vraiment besoin, c’est d’une marionnette politique pour prendre la place de Trump. Ce ne devrait pas être le plus difficile à trouver.»

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