Comment l'Europe vit-elle les Etats-Unis de Donald Trump? Alors qu'une élection majeure se déroulera le 3 novembre, nous consacrons une série d’articles à cette Amérique qui fascine toujours, qui trouble ou qui dérange.

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Et si les Etats-Unis décidaient de quitter l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), fondée en 1949 pour assurer, sous le parapluie américain, la sécurité de l’Europe de l’Ouest face à l’ex-URSS? Posée récemment par le think-tank allemand Korbër Institute dans un rapport remarqué, la question n’est plus théorique.

Dès son arrivée à la Maison-Blanche, en janvier 2017, Donald Trump avait d’ailleurs été le premier à la poser, toujours sous l’angle budgétaire. Pas question, pour l’ancien promoteur immobilier new-yorkais, de se contenter du «deal» qui voit, selon lui, son pays acquitter «90% du coût total de l’Alliance» depuis bien trop longtemps. Le ton était d’emblée donné: l’OTAN, version Trump, doit redevenir une cash machine pour le secteur militaro-industriel américain et une alliance sonnante et trébuchante au sein de laquelle le donnant-donnant s’impose. D’un côté, la protection de l’Oncle Sam incarnée par le fameux article 5 sur la sécurité collective des alliés (stipulant que si un pays membre est attaqué, tous lui viendront en aide). De l’autre, 28 pays alliés de l’Amérique amenés, d’une façon ou d’une autre, à payer ce qu’ils doivent à leur protecteur d’outre-Atlantique, sous forme de contributions budgétaires (le fameux 2% du PIB réclamé par Trump) et, surtout, de commandes d’armement made in USA.