«Nous intentons une action en justice contre Donald Trump pour avoir violé la loi (…) afin de générer des profits pour lui-même, sa famille et son entreprise», a déclaré mercredi la procureure générale Letitia James lors d’une conférence de presse, un mois après l’audition par ses services de Donald Trump, qui avait gardé le silence. Elle a précisé que ces poursuites au civil concernaient également plusieurs des enfants de l’ancien président et étaient liées aux pratiques fiscales de la Trump Organization.

Letitia James, une élue démocrate qui porte le fer judiciaire depuis des années contre le milliardaire, a dit vouloir réclamer 250 millions de dollars de réparations au nom de l’Etat de New York, ainsi que des interdictions de diriger des sociétés pour Donald Trump et ses enfants Donald Trump Jr, Ivanka Trump et Eric Trump. La plainte, déposée devant la cour suprême de l’Etat de New York, «démontre que Donald Trump a faussement gonflé la valeur nette (de ses biens) à hauteur de plusieurs milliards de dollars pour s’enrichir injustement et pour tromper le système, ainsi que nous tous», a insisté la procureure générale.

Donald Trump a de son côté dénoncé une «nouvelle chasse aux sorcières». Et d'ajouter: «Je n'ai jamais pensé que cette affaire serait portée devant les tribunaux – jusqu'à ce que je voie ses (Letitia James) très mauvais sondages", a-t-il critiqué sur son réseau Truth Social.

«Ces gens sont dérangés»

Pour la porte-parole de Donald Trump, Liz Harrington, ces poursuites sont «politiques». «Les démocrates poursuivent leurs opposants politiques!», s’est-elle emportée sur le réseau de l’ancien président, Truth Social. «(Les démocrates) ont transformé la ville de New York en un pays du tiers-monde. Ils relâchent des criminels violents dans les rues, et utilisent toute leur énergie pour s’en prendre à un homme d’affaires prospère et respectueux des lois, qui est leur adversaire politique numéro un. Ces gens sont DERANGÉS. Le président Trump n’a pas gonflé ses avoirs, il les a sous-estimés.»

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L’enquête au civil contre le groupe familial Trump Organization avait été ouverte en mars 2019 après le témoignage explosif au Congrès à Washington d’un des anciens avocats personnels de Donald Trump, Michael Cohen. Celui-ci avait fait état d’évaluations frauduleuses – à la hausse ou à la baisse – d’actifs au sein de la Trump Organization dans le but de décrocher des prêts, obtenir des réductions d’impôts ou de meilleures indemnisations d’assurances.

Plusieurs enquêtes en cours

Ces poursuites s’ajoutent à plusieurs enquêtes déjà en cours autour de Donald Trump, dont l’une sur ses archives présidentielles qui a entraîné une spectaculaire perquisition du FBI, le 8 août, dans sa résidence Mar-a-Lago, en Floride.

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Le milliardaire, qui envisage ouvertement de se représenter à la présidentielle de 2024, est aussi visé par des enquêtes sur ses efforts pour renverser les résultats de l’élection présidentielle de 2020 perdue contre Joe Biden et sur son rôle dans le violent assaut de ses partisans contre le Capitole le 6 janvier 2021. Il n’est pour l’instant poursuivi pénalement dans aucune de ces autres affaires.