Les réactions se sont multipliées ces dernières heures après les nouvelles déclarations de Donald Trump. Ce dernier a une nouvelle fois attribué la responsabilité des violences de Charlottesville aussi bien aux militants d’extrême droite qu’aux contre-manifestants. Lors d’une conférence de presse chaotique depuis la Trump Tower à New York, le président américain a renvoyé dos à dos les membres de la droite suprémaciste et les manifestants qui s’étaient rassemblés pour les dénoncer.

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Face au feu roulant des questions, Donald Trump a affirmé que les torts étaient partagés. «Que dire de l’Alt left qui a attaqué l’Alt right [terme qui désigne la droite alternative] comme vous dites? N’ont-ils pas une part de culpabilité? Ont-ils un problème? Je pense que oui», a-t-il lancé.

«Pas mon président»

Ces propos ont suscité une vague de réactions indignées. Ileana Ros-Lehtinen, élue américaine républicaine de Floride, a exprimé son désaccord profond. «Accuser «les deux côtés» après Charlottesville?! Non. Le retour au relativisme lorsqu’on parle du KKK, des sympathisants nazis et des suprémacistes blancs? Clairement non.» «En tant que juif, qu’Américain, qu’être humain, je ne trouve pas les mots pour exprimer mon dégoût et ma déception. Ce n’est pas mon président», a lancé le sénateur démocrate de Hawaii Brian Schatz.

«Nous devons être clairs. La suprématie blanche est répugnante», a tweeté Paul Ryan, président républicain de la Chambre des représentants. «Cette intolérance est opposée à toutes les valeurs du pays. Il ne peut y avoir aucune ambiguïté morale.» «Sans une déclaration préparée, ce président dit ce qu’il pense vraiment: mettre sur le même plan des néonazis et ceux qui protègent les droits civiques est honteux et insensé», a tweeté la chanteuse et actrice Barbra Streisand.

La star du basketball américain LeBron James a de son côté accusé Donald Trump de remettre la haine raciale au goût du jour. «Il y a toujours eu de la haine raciale aux Etats-Unis. On le sait, mais Donald Trump l’a remise à la mode!» a tweeté le joueur des Cleveland Cavaliers.

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Tweet d’Obama

Le site américain d’informations Mashable a quant à lui relevé le fait que le tweet de l’ancien président Barack Obama, publié dimanche 13 août en réaction aux violences à Charlottesville, a battu tous les records de «likes». Mercredi à la mi-journée, il avait été «aimé» par plus de trois millions de personnes et retweeté plus 1,3 million de fois. «Personne ne naît en portant la haine de quelqu’un d’autre à cause de la couleur de sa peau, de son passé ou de sa religion», avait-t-il déclaré en légende d’une photo de lui souriant à des enfants.

Sans surprise, les propos de Trump ont, en revanche, été immédiatement salués par David Duke, un ancien leader du Ku Klux Klan qui était présent à Charlottesville. «Merci président Trump pour votre honnêteté et votre courage», a-t-il lancé sur Twitter, le remerciant d’avoir «dit la vérité» et dénoncé «les terroristes de gauche».