Etats-Unis

Donald Trump retire les Etats-Unis du traité de libre-échange transpacifique

Le président américain juge que ce retrait est «une bonne chose pour le travailleur américain». En réaction, le gouvernement australien a tendu la main à la Chine

Le nouveau président américain donne le ton. Comme annoncé durant sa campagne, Donald Trump a entamé sa présidence en signant l'acte de retrait des Etats-Unis du traité de libre-échange transpacifique (TPP), dont l'administration de Barack Obama avait fait l'une de ses priorités.

Après un premier week-end chaotique au cours duquel ses opposants ont fait une démonstration de force dans la rue et son porte-parole a été accusé de mensonge, le président républicain veut agir vite. «Nous en parlions depuis longtemps», a-t-il déclaré aux journalistes présents lors de la signature lundi dans le Bureau ovale, jugeant que le retrait du TPP était «une bonne chose pour le travailleur américain».

Vu comme un contrepoids à l'influence grandissante de la Chine, ce traité a été signé en 2015 après d'âpres négociations par 12 pays d'Asie-Pacifique représentant 40% de l'économie mondiale. Mais le texte, qui va bien au-delà de la simple levée des barrières douanières, n'était pas encore entré en vigueur, en l'absence de ratification par le Congrès américain.

Lire aussi:  Le partenariat transpacifique ou TPP expliqué en trois minutes

«Le TPP tel que nous le connaissions n'est plus sur la table», a commenté le ministre chilien des Relations extérieures, Heraldo Munoz, depuis le Chili. Son gouvernement a invité les ministres des Affaires étrangères et du Commerce des pays signataires de l'accord, ainsi que la Chine et la Corée du Sud, à une réunion à la mi-mars pour étudier les conséquences du retrait des Etats-Unis du TPP.

L'Aléna dans le viseur de Donald Trump

Sans perdre de temps, le président républicain entend redessiner les contours des accords commerciaux, certains anciens, liant les Etats-Unis au reste du monde. Il a annoncé dimanche qu'il allait commencer à renégocier l'Accord de libre-échange nord-américain (Aléna) avec les dirigeants du Canada et du Mexique qu'il doit voir prochainement. Une rencontre avec son homologue mexicain Enrique Peña Nieto est notamment prévue le 31 janvier. Ce denier a indiqué lundi qu'il ne souhaitait «ni confrontation, ni soumission», appelant au dialogue et à la négociation avec les Etats-Unis.

Donald Trump, qui a promis durant sa campagne de construire un mur frontalier entre son pays et le Mexique financé par Mexico, a dit espérer de «très bons résultats» avec ce pays sur les questions d'immigration et de sécurité.

A lire aussi: Traité de libre-échange transpacifique: l’accord historique

Le Canada, «grand partenaire des Etats-Unis depuis aussi longtemps que l'on puisse se rappeler» n'a de son côté pas trop à s'en faire, a assuré un conseiller de Donald Trump, Stephen Schwarzman, après un entretien avec le Premier ministre canadien Justin Trudeau.

Au-delà du TPP, Donald Trump a signé deux décrets qui illustrent avec force la direction qu'entend prendre la nouvelle administration: le gel des embauches de fonctionnaires au niveau fédéral, qui ne s'applique cependant pas au personnel militaire, et l'interdiction du financement par des fonds fédéraux d'ONG internationales qui soutiennent l'avortement. Cette dernière décision, prise au lendemain du 44e anniversaire de «Roe V. Wade», l'arrêt emblématique de la Cour suprême qui a légalisé l'avortement aux Etats-Unis, a suscité la colère des démocrates et des organisations de défense des libertés. 

Une main tendue à la Chine

Le gouvernement australien a dit espérer mardi que le Traité de libre-échange transpacifique (TPP) puisse être sauvé en l'absence des Etats-Unis, et a tendu la main à la Chine.

Le Premier ministre Malcolm Turnbull a déclaré que son gouvernement avait des «discussions actives» avec d'autres parties prenantes au TPP, comme le Japon, la Nouvelle-Zélande ou Singapour, sur les moyens de le sauver.

Lire aussi: Comment la Chine peut profiter du protectionnisme de Donald Trump

«Il est possible que la politique américaine change avec le temps sur ce sujet», a-t-il ajouté, relevant que Rex Tillerson, pressenti comme nouveau secrétaire d'Etat, et des Républicains étaient favorables au pacte. «Il y a aussi la possibilité que le TPP aille de l'avant sans les Etats-Unis», a déclaré le Premier ministre. «Certainement, il y a le potentiel pour que la Chine rejoigne le TPP».

Le ministre australien du Commerce Steven Ciobo a déclaré que son pays, le Canada, le Mexique et d'autres avaient étudié l'éventualité d'un «TPP 12 moins un» récemment à Davos. «Il y aurait des perspectives pour la Chine si nous sommes capables de le reformuler en TPP 12 moins un pour des pays comme l'Indonésie ou la Chine, voire d'autres pays qui envisageraient d'y participer», a-t-il déclaré à la Australian Broadcasting Corporation.

A lire aussi: Un accord de libre-échange survivra entre les Etats-Unis et le Canada

Publicité