Etats-Unis

Comment Donald Trump se réapproprie les manifestations

Sur Twitter, le nouvel élu salue les protestataires qui font preuve de «passion pour leur pays»

Les Américains en colère continuent de descendre dans la rue. De nouvelles manifestations anti-Trump se sont déroulées dans la nuit de jeudi à vendredi dans plusieurs villes américaines. Certaines, violentes, ont dégénéré. Cela a notamment été le cas à Portland, dans l'Oregon, où des vitrines ont été brisées et des voitures saccagées. Vingt-six personnes ont été arrêtées, et deux cents dans tout le pays.

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Pendant ce temps, Donald Trump, qui s'est réapproprié son fil Twitter, dont son équipe l'avait privé pendant les derniers jours de campagne, réagit de manière curieuse. Dans un premier temps, il s'est attaqué aux médias, une de ses cibles préférées, qu'il accuse d'alimenter les tensions. «Nous venons d'avoir une élection présidentielle réussie et très ouverte. Maintenant, des protestataires professionnels, encouragés par les médias, manifestent. Très injuste», a-t-il dénoncé. 

Puis quelques heures plus tard, vendredi matin, toujours sur Twitter, il change d'attitude. Et félicite au contraire - sur le ton de l'ironie? - les «petits groupes de manifestants», qui font preuve de «passion pour notre grand pays». «Nous allons tous nous retrouver ensemble et fiers», écrit-il, en reprenant le ton rassembleur et appelant à l'unité qu'il avait utilisé lors de son premier discours après son élection. 

Comme le rappelle le New York Daily News, ce n'est pas la première fois que Donald Trump «encourage» des manifestants fâchés après une élection présidentielle. Il l'avait fait après la réélection de Barack Obama en 2012. «Nous ne pouvons pas laisser faire ça. Nous devrions marcher vers Washington et stopper cette farce. Notre pays est totalement divisé!».

Donald Trump, qui a commencé à s'entretenir par téléphone avec des dirigeants mondiaux, tente d'offrir un nouveau visage, en optant pour un ton plus conciliant. Il a ainsi chanté les louanges de Barack Obama après leur rencontre de jeudi à la Maison Blanche, alors qu'il l'avait méchamment pris à partie pendant sa campagne, en l'accusant notamment de ne pas être né aux Etats-Unis. Le républicain annonce par ailleurs sur Twitter avoir bientôt l'intention de nommer les membres du gouvernement qui travailleront avec lui. La rumeur qu'il pourrait nommer Steve Bannon, auteur d'un film glorifiant Sarah Palin et ex-patron du site d'extrême-droite «Breitbart News», comme chef de cabinet, devient persistante. 

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