Le président américain Donald Trump a sommé lundi son homologue vénézuélien Nicolas Maduro de retirer son projet de Constituante sous peine de «mesures économiques fortes». La veille, 7,6 millions de Vénézuéliens se sont prononcés pour son retrait, lors d’une consultation symbolique organisée par l’opposition.

«Les Etats-Unis ne resteront pas immobiles pendant que le Venezuela s’effondre. Si le régime Maduro impose son Assemblée constituante le 30 juillet, les Etats-Unis adopteront des mesures économiques fortes et rapides», a fait savoir Donald Trump dans un communiqué. Le texte ne détaille pas la teneur des mesures. Plus tôt, la Maison-Blanche avait salué la consultation symbolique organisée dimanche par l’opposition vénézuélienne contre ce projet.

Encouragée par cette participation massive, l’opposition vénézuélienne a appelé lundi à une grève générale de vingt-quatre heures jeudi pour tenter d’arrêter le projet du président socialiste de modifier la Constitution.

«Nous appelons tout le pays à une grève générale massive et sans violence de vingt-quatre heures ce jeudi afin d’exercer une pression (sur le gouvernement) et de se préparer à l’escalade définitive de la semaine prochaine», a déclaré lors d’une conférence de presse l’opposant Freddy Guevara, vice-président du parlement.

Une consultation jugée «illégale»

Qualifiant le président Maduro de «mauvais dirigeant rêvant de devenir dictateur», Donald Trump a appelé «à la tenue d’élections justes et libres». Il a assuré que les Etats-Unis «se tiennent au côté du peuple vénézuélien dans sa quête pour ramener son pays vers une démocratie totale et prospère».

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Le parlement est le seul organe du pouvoir vénézuélien contrôlé par les antichavistes, du nom d’Hugo Chavez, président de 1999 à sa mort en 2013, dont Nicolas Maduro est l’héritier. Et dans le cadre de l'«offensive» de l’opposition contre le chef de l’Etat, les élus comptent nommer vendredi de nouveaux magistrats à la Cour suprême (TSJ), accusée de servir le pouvoir.

Les membres de la coalition à l’origine de la consultation de dimanche, la Table de l’Unité démocratique (MUD), vont également signer mercredi un accord en vue de la formation d’un futur «gouvernement d’union nationale». En outre, Freddy Guevara a redit que l’opposition était prête à dialoguer, à condition toutefois que le gouvernement renonce à l’élection des 545 membres de la Constituante, prévue le 30 juillet. Après plus de trois mois de manifestations violentes qui ont fait 96 morts dans ce pays en crise, la MUD espère provoquer des élections anticipées avant la fin du mandat de Nicolas Maduro en décembre 2018.

Federica Mogherini qualifiée d'«insolente»

«L’opposition doit avoir une feuille de route, après avoir suscité tant d’espoir. Sinon, sa légitimité peut en prendre un coup, le peuple attend des actes fermes», a commenté Felix Seijas, directeur de l’institut de sondages Delphos. Du côté du gouvernement, la consultation est considérée comme «illégale».

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Mais ce dernier doit éviter une faible participation le 30 juillet car la Constituante aurait alors une «légitimité» amoindrie. Selon Datanalisis, 70% des Vénézuéliens rejettent le projet.

La consultation symbolique de dimanche a reçu le soutien des Nations unies, des Etats-Unis et de plusieurs gouvernements d’Amérique latine et d’Europe. La chef de la diplomatie de l’UE Federica Mogherini a appelé lundi à des «gestes politiques» du gouvernement pour «faire retomber la tension», telle la suspension «du processus d’Assemblée constituante». En réplique, Nicolas Maduro l’a qualifiée d'«insolente».