La vague bleue espérée par les démocrates pour renverser Donald Trump après quatre années mouvementées n’a pas eu lieu. Le président sortant est parvenu à conserver les Etats acquis en 2016, dont la Floride (29 grands électeurs), que certains voyaient lui échapper, il n’a pas non plus perdu le Texas, Etat qui reste rouge, et Joe Biden n’a pas su créer suffisamment de surprises. Pire, les démocrates, qui espéraient mobiliser davantage les Latinos et les Afro-Américains, ne semblent pas avoir réussi leur pari. Mais à l’heure où nous écrivons ces lignes, les jeux ne sont pas faits, tout est encore possible, les résultats seront plus serrés que prévu, et le dépouillement des votes par correspondance pourrait encore prendre un peu de temps avant que le nom du gagnant soit connu.

Retrouvez notre suivi en direct du dépouillement

Réaction dangereuse

Ce que l’on retient en revanche déjà du scrutin, après une campagne folle, chahutée par le covid, c’est la dangerosité de la réaction, mercredi matin, de Donald Trump, après une prise de parole de Joe Biden. Le démocrate, combatif, a tenu, depuis son fief de Wilmington, à rassurer ses troupes, en disant croire à la victoire. Donald Trump a aussitôt réagi en accusant les démocrates de «voler» l’élection. Un message d’ailleurs très vite signalé par le réseau social comme «trompeur». Puis Donald Trump s’est adonné, à la Maison-Blanche, à une séance d’auto-glorification, où il a non seulement annoncé sa victoire prématurément, mais de surcroît déclaré vouloir saisir la Cour suprême pour stopper les comptages des votes.

Tout au long de la campagne, et au fur et à mesure que le vote par correspondance prenait de l’importance à cause du covid, le président avait parlé de «fraudes massives», allant jusqu’à évoquer des «élections truquées». Sa réaction vis-à-vis de Biden, qu’il accuse de «voleur», n’est en ce sens pas étonnante. Par contre, ces mots sont de nature à attiser des violences, alors que des groupes extrémistes se tiennent prêts à semer le chaos. Le récent kidnapping avorté de la gouverneure démocrate du Michigan n’en est que l’exemple le plus parlant.

Quel que soit le vainqueur, une certitude: l’Amérique ressort de cette élection encore plus divisée que jamais.