Etats-Unis

Donald Trump va nommer un nouveau juge à la Cour suprême

Le conservateur Anthony Kennedy, qui rejoignait les juges progressistes sur certains sujets sociétaux, a annoncé qu’il prenait sa retraite. Le processus de remplacement va débuter «immédiatement», a déclaré Donald Trump

Anthony Kennedy, l’un des neuf sages de la Cour suprême américaine, a annoncé sa retraite dans une lettre adressée à Donald Trump, par laquelle il exprime sa «gratitude» pour avoir siégé trente ans. Ce retrait permet à Donald Trump de nommer un nouveau juge.

Agé de 81 ans, Anthony Kennedy est souvent présenté comme le magistrat pivot de la haute cour, gardienne de la Constitution américaine: conservateur sur des sujets comme les armes à feu ou le financement électoral, il lui est arrivé de virer progressiste sur des thèmes comme l’avortement ou la discrimination positive.

«Cela a été un grand honneur et un privilège de servir notre nation dans la magistrature fédérale pendant quarante-trois ans», a déclaré le juge Kennedy dans un communiqué mercredi, dernier jour de la session annuelle de la cour entamée en octobre.

Une institution qui pourrait complètement basculer dans le conservatisme

Les sages de la Cour suprême sont désignés à vie par le président américain en exercice et doivent être confirmés par un vote du Sénat, actuellement à courte majorité républicaine. Le processus de remplacement du juge Kennedy va débuter «immédiatement», a déclaré peu après Donald Trump, qui depuis son arrivée à la Maison-Blanche a déjà eu l’occasion de nommer un juge très conservateur à la juridiction la plus élevée du pays.

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La retraite d’Anthony Kennedy était redoutée par les démocrates américains et toutes les organisations progressistes du pays, qui savent que Donald Trump voudra lui nommer un remplaçant nettement plus à droite. On peut donc s’attendre à une bataille politique épique autour de celui appelé à succéder à Anthony Kennedy, qui était doyen de la Cour suprême en durée d’exercice: il y avait été nommé par le président républicain Ronald Reagan en 1987.

Au sein de la haute cour, c’est souvent le juge Kennedy qui a départagé les quatre juges progressistes des quatre juges conservateurs. Il s’est révélé décisif notamment dans le domaine des droits des homosexuels: en 2015, grâce à lui, a été emportée la décision légalisant le mariage gay dans tous les Etats-Unis. Le magistrat d’origine irlandaise avait alors rédigé l’arrêt historique.

La Cour suprême, dont la mission première est de veiller à la constitutionnalité des lois, joue un rôle crucial en tranchant les importants débats de société aux Etats-Unis, un rôle davantage assuré par les parlements dans d’autres pays. C’est dire l’importance qu’aura le successeur d’Anthony Kennedy, qui pourrait cimenter l’institution dans le conservatisme.

L’âpre bataille autour de Neil Gorsuch

Chuck Grassley, sénateur républicain et personnage incontournable du Congrès, a dit espérer que le processus de confirmation de l’heureux élu débuterait dans les prochaines semaines.

On peut s’attendre à une forte résistance des démocrates, d’autant plus frustrés que les sénateurs républicains majoritaires avait refusé même d’entendre en 2016 un magistrat nommé par Barack Obama à la Cour suprême. Au final, ce juge, Merrick Garland, n’avait pas été confirmé à ce poste et Donald Trump, une fois élu, avait pu choisir un candidat, Neil Gorsuch.

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Dans un pays extrêmement polarisé politiquement, la confirmation de Neil Gorsuch a fait l’objet d’une âpre bataille, qui a fait voler en éclats une règle historique du Sénat imposant une majorité qualifiée pour permettre le vote.

Mais Donald Trump avait finalement eu le dernier mot et le juge Gorsuch s’est révélé un pilier conservateur, fidèle défenseur dans ses jugements des valeurs traditionnelles républicaines.

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