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Les opposants au projet d'oléoduc manifestent devant la Maison-Blanche, le 10 mars 2017.
© Kevin Lamarque / Reuters

États-Unis

Donald Trump valide la construction de l’oléoduc controversé Keystone XL

Le président américain a donné vendredi son feu vert au projet d’oléoduc Keystone XL. Une décision qui fait le bonheur de Justin Trudeau et des milieux d’affaires. Les opposants dénoncent, eux, un projet «sale et dangereux»

Donald Trump a donné satisfaction aux milieux d’affaires et mécontenté les défenseurs de l’environnement en donnant vendredi son feu vert à la construction de l’oléoduc controversé Keystone XL qui avait essuyé le veto de son prédécesseur Barack Obama.

C’est un «grand jour» pour l’emploi et l’indépendance énergétique, a affirmé le président américain vendredi. «C’est un moment historique pour l’Amérique du Nord», a-t-il ajouté après que son administration a donné son accord plus tôt dans la journée. Il n’a pas fait allusion au débat sur le réchauffement climatique et à l’environnement, sujets qui avaient poussé son prédécesseur Barack Obama à bloquer la construction de l’oléoduc.

Un oléoduc «sale et dangereux»

«La décision de Trump trahit nos enfants et les générations futures», a rétorqué l’ONG environnementaliste américaine Sierra Club. «L’oléoduc Keystone XL est sale et dangereux et l’une des pires choses qui puisse arriver aux Américains. C’est pour cela que Donald Trump le soutient», a lancé son président Michael Brune dans un communiqué.

Lire aussi: Donald Trump relance deux projets d’oléoducs controversés

L’ONG des Amis de la Terre (Friends of the Earth) a pour sa part annoncé qu’elle allait déposer plainte en justice contre la décision du président. En accordant le permis, le Département d’Etat a indiqué que la construction de cet oléoduc «servirait l’intérêt national» américain. TransCanada, l’opérateur canadien qui va exploiter l’oléoduc, a indiqué pour sa part qu’il abandonnait en conséquence les poursuites engagées contre le gouvernement américain après le veto d’Obama.

800 000 barils par jour

Keystone XL, qui doit traverser l’Amérique du Nord sur 1900 kilomètres, dont 1400 km aux Etats-Unis, soulève la controverse depuis la présentation de sa première demande il y a dix ans. Cet oléoduc doit acheminer du pétrole canadien extrait des sables bitumineux de l’Alberta vers les raffineries du golfe du Mexique avec une capacité de plus de 800 000 barils par jour.

Refusée par le président démocrate Barack Obama, au nom de la lutte contre le réchauffement climatique, la construction de l’oléoduc avait été relancée quelques jours après l’investiture de Donald Trump fin janvier. Climatosceptique, le nouveau président républicain avait assuré en campagne électorale qu’il approuverait Keystone XL.

Le Département d’Etat a souligné que ce feu vert avait été donné après avoir pris en compte divers facteurs comme «la sécurité énergétique, l’environnement, les aspects culturels ou les impacts économiques», tout en étant conforme sur un plan légal. La construction de l’oléoduc avait également suscité les protestations de tribus amérindiennes.

Lire aussi: Le combat d’un chef sioux au nom des Amérindiens

Justin Trudeau soutient le projet

En mettant son veto en novembre 2015, Barack Obama s’était appuyé sur l’étude menée pendant de longs mois par le Département d’Etat assurant que le projet «n’était pas d’intérêt national pour les Etats-Unis».

Afin d’éviter toute polémique ou conflit d’intérêts, le chef de la diplomatie américaine Rex Tillerson, ancien patron du géant pétrolier ExxonMobil, s’était retiré du processus de décision du projet Keystone XL. Le premier ministre canadien Justin Trudeau, qui cherche à soutenir sa croissance économique avec le secteur pétrolier tout en ménageant les environnementalistes, avait parlé du projet avec Donald Trump.

«Je suis en faveur de ce projet d’oléoduc parce que cela va amener de bons emplois […] et de la croissance économique», avait déclaré Justin Trudeau lors de sa visite à la Maison-Blanche mi-février.

Satisfaction des milieux d’affaires

Ce permis présidentiel américain «est une étape importante» pour le développement de TransCanada aux Etats-Unis, a indiqué vendredi le patron de l’entreprise Russ Girling. «Nous apprécions grandement l’administration du président Trump pour avoir examiné et approuvé cet important projet et nous allons continuer de travailler avec elle pour continuer à investir et renforcer les infrastructures énergétiques américaines», a-t-il ajouté dans un communiqué.

La décision de relancer le projet va également satisfaire les milieux d’affaires, très présents dans la nouvelle administration américaine. Le milliardaire Carl Icahn, nommé par Donald Trump conseiller sur la régulation, possède ainsi des intérêts dans l’énergie, notamment au sein du raffineur texan CVR.

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