Europe

Donald Tusk est reconduit à la tête du Conseil européen

L'ancien chef du gouvernement polonais effectuera un second mandat à la présidence du Conseil européen. «Un signe de stabilité pour l'ensemble de l'UE», selon Angela Merkel

Les dirigeants européens ont reconduit jeudi le Polonais Donald Tusk pour un second mandat à la présidence du Conseil européen, malgré l'opposition farouche de son propre pays, au cours d'un sommet censé forger l'unité de l'UE post-Brexit.

«Je ferai de mon mieux pour rendre l'UE meilleure», a réagi l'intéressé sur le réseau social Twitter, après un vote des dirigeants européens.

Donald Tusk a été élu à «27 voix contre une», a indiqué une source diplomatique, confirmant le large soutien que lui avaient témoigné les dirigeants nationaux, Paris et Berlin en tête. Sa reconduction sera «un signe de stabilité pour l'ensemble de l'UE», avait fait valoir la chancelière allemande Angela Merkel.

Opposition du gouvernement polonais

«Rien (ne doit être fait) sans nous et sans notre accord», avait au contraire insisté la première ministre polonaise Beata Szydlo à son arrivée à Bruxelles, réitérant sa détermination à refuser la reconduction à la tête du Conseil de l'ancien chef du gouvernement polonais.

«Les pays qui ne comprennent pas cela conduisent à la déstabilisation», a-t-elle accusé, assurant vouloir de son côté «l'unité de l'Europe», grand thème des débats que les dirigeants européens ont prévu d'avoir vendredi, sans le Royaume-Uni.

Selon une source européenne, ce blocage empêcherait ces conclusions d'être adoptées jeudi soir - elles doivent porter notamment sur des questions économiques et migratoires -, mais cela ne changerait rien à la réélection de Donald Tusk, un acte séparé décidé à une majorité qualifiée des pays membres.

Une Europe à «plusieurs vitesses»

Les 28 ont prévu d'évoquer jeudi la politique commerciale de l'UE, la crise migratoire et leurs chantiers en matière de défense. Vendredi, sans la Première ministre britannique Theresa May, ils consacreront une matinée à la préparation de la «Déclaration de Rome», qu'ils prévoient de publier pour les 60 ans du traité fondateur de la Communauté - devenue l'Union - européenne, qui seront célébrés à Rome le 25 mars.

Ce texte solennel doit montrer que l'UE restera unie après le Brexit. Mais c'est l'idée d'un avenir à «plusieurs vitesses» pour l'Europe qui cristallise les débats. Cette idée est fortement soutenue par la France et l'Allemagne, désireuses notamment de pouvoir renforcer la défense européenne sans être bloquées par des pays récalcitrants.

D'autres pays s'inquiètent cependant de devenir des membres de deuxième zone de l'Union, comme ceux du groupe de Visegrad (Pologne, Hongrie, République tchèque et Slovaquie), qui se sont notamment illustrés ces derniers mois par leur vive hostilité à la politique migratoire de l'UE. 

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