Natacha est une mère souriante, mais triste. Sur ce quai d’une petite gare de Donetsk, dans l’est de l’Ukraine, un vieux train rouillé et cabossé s’apprête à partir pour une destination qui n’existe plus dans la région depuis le début de la guerre en 2014 : la Russie. En huit ans de guerre, les deux régions séparatistes de Lougansk et Donetsk se sont coupées du monde. Sa petite fille apparaît à la fenêtre couverte de boue, la mère fixe son enfant, les larmes aux yeux. Comme nombre de ses voisins, elle a répondu à l’appel des autorités séparatistes d’évacuer le Donbass pour rejoindre la Russie.