L’utilisation de données bancaires illégales est «difficile pour un Etat de droit», car cela reviendrait à «faire affaire avec des criminels», estime Doris Leuthard. Selon le quotidien allemand «Frankfurter Allgemeine Zeitung», un informateur proposerait en effet de vendre les données bancaires relatives à des affaires d’évasion fiscale au prix de 2,5 millions d’euros (3,6 millions de francs). La présidente de la Confédération s’est toutefois refusée à confirmer ces informations. Demain lundi dans «Le Temps», à l’occasion d’un déjeuner avec le rédacteur en chef de notre journal, elle reviendra d’ailleurs sur les sujets de préoccupation actuels du Conseil fédéral.

Comme preuve de sa bonne foi, l’informateur allemand a déjà fourni au fisc les données relatives à cinq comptes dissimulés en Suisse, susceptibles de rapporter environ un million d’euros chacun aux caisses de l’Etat. Cette affaire intervient près d’un an après des faits similaires avec des comptes au Liechtenstein qui avaient permis au fisc allemand de récupérer plus de 500 millions d’euros

Le ministère des Finances étudie l’offre et, même s’il ne paye pas pour le reste des informations, il pourrait néanmoins accorder une prime à l’informateur pour les données déjà fournies, selon le quotidien. Il y a un an, le fisc allemand avait lancé une large enquête relative à près d’un millier de contribuables sur la base de données informatiques achetées pour près de cinq millions d’euros par les services secrets à un ancien employé d’une banque du Liechtenstein, chargé de numériser des archives. L’Allemagne avait partagé ses informations sur les fraudeurs avec nombre d’autres pays européens.