Evoquer publiquement la santé de dirigeants politiques ou de grandes institutions reste un tabou. Le cancer de François Mitterrand, l’ancien président français était un secret de polichinelle au sein du monde politico-médiatique dans le landerneau parisien, mais a rarement fait l’objet d’indiscrétions. En Suisse, nous n’avons parlé du cancer de l’ancien conseiller fédéral René Felber que lorsqu’il a annoncé sa démission à cause de cette maladie, en 1993.

Mais à Bruxelles, nous avons un Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, en poste depuis six mois, qui se dépatouille avec des crises économiques, politiques et géopolitiques, et qui ne cache pas ses ennuis de santé. Il vient de subir un deuxième round de traitement pour calculs rénaux. Ce n’est pas grave, mais apparemment, ça fait mal, très mal. Il arrive à Jean-Claude Juncker de grimper en hauteur et de sauter avec force, en espérant que les cailloux se déplacent et fassent moins mal.

La semaine dernière, le président de l’exécutif européen a failli annuler un rendez-vous avec les journalistes de Politico, nouveau média qui vient de s’installer à Bruxelles. Il l’a avoué à ses interlocuteurs, ajoutant qu’il était sous influence de puissants antidouleurs durant l’entretien.

Dès lors, une question simple s’impose: Jean-Claude Juncker est-il en position d’assumer pleinement ses fonctions? Elle se pose d’autant plus que des journalistes ont relevé qu’il est souvent absent du Berlaymont, siège de la Commission dans le quartier européen et qu’un bureau a été réaménagé à son intention dans son pays où il va systématiquement passer le week-end. Le Luxembourgeois n’a en effet pas pris de logement à Bruxelles.

Le service de presse de la Commission vient d’assurer que tout va bien. Depuis son élection, il y a six mois, il a présidé chacune des réunions hebdomadaires du collège, sauf une lorsqu’il a reçu Alexis Tsipras, le premier ministre grec à Bruxelles. En six mois, il s’est entretenu avec 64 chefs d’Etat. En novembre, il a participé au sommet du G20 en Australie et il sera à Kiev lundi prochain…

Ouf.