Les places financières ont eu une double réaction à l’issue du sommet européen d’urgence consacré à la Grèce, mais aussi à d’autres Etats en proie à des crises budgétaires. Ils n’ont pas apprécié que les dirigeants européens renvoient la prise de décision ferme à la réunion de l’Ecofin de la semaine prochaine.

Résultat: les principales places boursières de la zone euro ont terminé la journée de jeudi en rouge. A mi-journée, elles avaient pourtant accueilli avec soulagement l’annonce d’un accord par le président de l’Union européenne (UE) Hermann van Rompuy. La chancelière allemande avait aussi rassuré en affirmant que l’UE ne laisserait pas tomber la Grèce.

Mais en fin de journée, l’absence de détails sur l’accord a provoqué un retournement. En Allemagne, outre l’incertitude, le Dax n’a pas ignoré que les parlementaires étaient peu enthousiastes à ce que Berlin intervienne financièrement pour aider l’économie grecque. Les secteurs bancaires exposés à la dette grecque, mais aussi espagnole et portugaise ont dévissé.

La monnaie européenne a fluctué dans le même sens, en hausse dans la matinée, mais terminant la journée en retrait. L’euro a atteint son plus bas niveau depuis neuf mois à 1,36 dollar, perdant 0,9% de sa valeur.

Idem pour les obligations grecques. Les taux de rendement ont d’abord baissé, avant de reprendre l’ascenseur, sans toutefois renverser la tendance positive depuis trois jours. Le rendement des obligations à dix ans s’établissait à 5,1%, contre 6,04% la veille.

La journée aurait pu être pire. Et pour cause, les marchés n’ont pas été insensibles à l’engagement fort des responsables politiques et économiques européens à intervenir pour stabiliser la zone euro. «On verra plus clair en début de semaine», ont dit les analystes en chœur.