Hongkongaise de 62 ans, Margaret Chan a été élue à la tête de l’Organisation mondiale de la santé fin 2007. Elle doit sa nomination autant à ses compétences professionnelles et son expérience du terrain dans la lutte contre les épidémies qu’à la montée en puissance de la Chine, qui plaçait ainsi pour la première fois l’un de ses ressortissants à la direction d’une organisation onusienne. Après des études de médecine au Canada (dont elle possède également le passeport), Margaret Chan est entrée au Département de la santé de Hongkong en 1978 où elle a gravi tous les échelons jusqu’à la direction de la Santé. En 1997, elle est confrontée à sa première épidémie de grippe aviaire. Sa méthode de lutte est radicale: elle fait abattre 1,6 million de volailles. Les Hongkongais s’émeuvent. Les spécialistes estimeront plus tard qu’elle a du coup probablement évité le pire.

Deuxième crise en 2003: elle affronte cette fois-ci une mystérieuse pneumopathie atypique, le SRAS. La ministre est critiquée – à raison cette fois-ci – par la presse locale car elle se plie, dans un premier temps, à l’injonction de Pékin de ne rien divulguer sur ce nouveau virus dont l’origine est la province chinoise du Guangdong. L’épidémie fera 299 morts dans l’ex-colonie britannique. C’est dans ces circonstances qu’elle rejoint l’OMS où elle deviendra la cheffe du service de la grippe pandémique. Son élection avait été bien accueillie car elle était l’une des rares officielles de la santé à avoir été confrontée à la gestion d’une pandémie.