Manuel Rodriguez Cuadros dirigera les débats de la 62e session de la Commission des droits de l'homme de l'ONU, du 13 mars au 21 avril. Elu par acclamation, l'ambassadeur du Pérou auprès des Nations unies à Genève succède à son homologue indonésien Makarim Wibisono. Il sera épaulé dans sa tâche par trois vice-présidents, le Congolais Roger Julien Menga, le Canadien Paul Meyer et l'Arménien Zohrab Mnatsakanian.

Dernière session

L'élection de ce nouveau bureau, sur la base de l'habituelle rotation géographique entre groupes régionaux parmi les 53 pays membres de l'institution, revêt cette année une importance inédite. Si la réforme envisagée de la commission voit le jour comme prévu, cette 62e session sera en effet la dernière de l'instance créée en 1948 comme un organe subsidiaire du Conseil économique et social. La proposition de réforme, actuellement discutée à New York, vise à créer un conseil composé d'un nombre restreint d'Etats membres qui accepteraient, en présentant leur candidature, de prendre des engagements précis en matière de respect des libertés. A la différence de la commission, le futur conseil serait permanent. Il pourrait se saisir des violations des droits de l'homme quand elles se produisent.

L'ambassadeur péruvien, ancien ministre des Affaires étrangères de son pays, est un habitué de la Genève internationale et de ces questions. En 2004 et 2005, il avait publiquement plaidé en faveur de l'extradition par le Japon de l'ancien président péruvien Alberto Fujimori. Lequel a finalement quitté le 7 novembre l'Archipel pour le Chili, où il reste pour l'heure détenu.

Précédentes interventions

Manuel Rodriguez Cuadros est aussi intervenu à plusieurs reprises à la tribune de la commission, au Palais des Nations, pour faire état des progrès réalisés dans son pays par la Commission de vérité et réconciliation nationale. Après avoir recueilli plus de 17000 témoignages sur les violences terroristes et gouvernementales durant la décennie 1990-2000, celle-ci a chiffré le nombre de morts à 32000 et le nombre total de victimes de ces années noires, disparus compris, à plus de 69000.

Chargé en 2003 par la sous-commission des droits de l'homme (l'organe d'experts supposé conseiller la commission dans ses travaux) d'une mission sur l'examen des mesures susceptibles de promouvoir les droits humains et de consolider la démocratie, l'ancien chef de la diplomatie péruvienne dispose donc d'une connaissance intime des mécanismes qu'il préside cette année.