Une fois de plus, la Suisse se retrouve plongée au cœur d’une tourmente diplomatique américano-iranienne, par le biais de son ambassadrice Livia Leu Agosti. La diplomate «a été convoquée jeudi au Ministère des affaires étrangères à Téhéran», note Lars Knuchel, porte-parole du Département fédéral des affaires étrangères, sans préciser le motif de la rencontre. Mais celui-ci ne fait guère de doute et ne concerne pas la Confédération mais sa fonction de représentante des intérêts américains en Iran: Livia Leu Agosti a dû faire face à une pluie de protestations destinées aux Etats-Unis de la part des autorités iraniennes, après que l’armée a réussi dimanche à intercepter un drone américain qui survolait le pays.

Bijou technologique

L’incident intervient dans un contexte de grande tension entre l’Iran et la communauté internationale, préoccupée par le développement du programme nucléaire iranien, et il s’avère fort embarrassant pour les Etats-Unis. Selon le New York Times, le drone RQ-170 Sentinel était utilisé pour cartographier les sites nucléaires iraniens, et constituait, ce faisant, un complément crucial à la surveillance effectuée par satellite. Mais en perdant le contrôle de leur appareil, outre la mise en lumière de certaines activités de surveillance, les Etats-Unis laissent aux mains d’un pays hostile un engin qui constitue la fine fleur de leur technologie. Ce drone de la dernière génération est en effet conçu pour être très difficile à repérer par les radars. L’appareil semble en assez bon état selon les images diffusées jeudi soir par la télévision iranienne, et pourrait constituer «une aubaine» en matière de renseignement «pour l’Iran et ses alliés», souligne le Washington Post.

D’une envergure de 26 mètres et d’une longueur de 4,5 mètres, l’appareil aurait pénétré sur 250 km l’espace aérien iranien avant d’être capturé grâce à une cyberattaque, ont affirmé les autorités iraniennes, qui demandent à l’ONU de condamner cette «violation». De son côté, le Département américain de la défense s’est contenté d’admettre qu’il avait perdu un drone dans l’ouest de l’Afghanistan, sans reconnaître que ce dernier s’était écrasé dans l’est de l’Iran.