Duel américano-russe à Genève

ONU Conseil des droits de l’homme

Des mesures de sécurité exceptionnelles, la foule des grands jours, l’atmosphère sera électrique ce lundi matin pour l’ouverture du Conseil des droits de l’homme (CDH). Le Russe Sergueï Lavrov et l’Américain John Kerry s’y livreront un duel à distance.

L’an dernier, au lendemain de la révolution à Kiev, le ministre des Affaires étrangères de Vladimir Poutine avait délivré un discours plein de reproches envers l’Occident, accusé d’avoir déstabilisé l’Ukraine. En revanche, c’est la première fois que le secrétaire d’Etat américain s’exprimera devant le CDH.

Pas question en effet de laisser le champ libre à la diplomatie russe. Au fil des ans, le CDH est devenu une tribune symbolique de première importance. En témoignent les quelque 100 ministres et dignitaires qui s’exprimeront à Genève.

«Lavrov va rappeler le rôle prépondérant des Russes dans la victoire contre Hitler et la collaboration de certains Ukrainiens avec les nazis», prévoit un diplomate occidental. John Kerry, qui vient d’accuser Moscou de «mentir droit dans les yeux» sur son implication dans le conflit ukrainien, parlera ensuite.

Regards tournés vers l’EI

Voilà pour la galerie. Après leur discours, Sergueï Lavrov et John Kerry se rencontreront en tête à tête dans une salle discrète du Palais des Nations. L’Ukraine sera au centre de leurs discussions. Mais, paradoxalement, le conflit ukrainien sera loin de monopoliser les quatre semaines de débats du CDH. Aucun Etat n’est prêt à lancer une résolution condamnant l’ingérence russe en Ukraine, et encore moins sur la situation des droits de l’homme en Russie.

Les crimes commis par l’Etat islamique en Syrie et en Irak font l’objet d’un plus grand consensus. Le débat devrait être mené conjointement avec le dévoiement de l’islam par les terroristes. Mais il peut dérailler à tout moment, si la question de la diffamation des religions, poussée par l’Arabie saoudite et qui hérisse les Occidentaux, refait surface suite aux attentats de Paris.