La Sarko-machine serait-elle en train de s’essouffler? Difficile en effet de penser, après le second débat télévisé, que l’ancien président français garde toutes ses chances de battre Alain Juppé, s’ils se qualifient tous deux le 20 novembre pour le second tour de la primaire de la droite. Le doute s’est un peu plus installé.

Nicolas Sarkozy a beau répéter, à juste titre, qu’il est le plus expérimenté de tous car il a assumé la fonction présidentielle entre 2007 et 2012, son charisme n’est plus ce qu’il était. Plus préoccupant pour la suite de sa candidature: ses attaques contre Alain Juppé ne portent pas, car celui-ci s’est entre-temps élevé au-dessus du lot. Alors que le maire de Bordeaux se montre rassembleur et souriant, Sarko, lui, paraît enlisé dans la tactique et la réprimande, sans réelle volonté d’aller chercher l’ancien premier ministre là ou ça fait mal. Sa longue digression sur François Bayrou, difficile à comprendre pour le téléspectateur moyen, est emblématique. Conçue comme l’arme fatale anti-Juppé, pour mieux dénoncer le risque «d’alternance molle», l’offensive anti-Bayrou a fait long feu en direct. Pis: elle a déclenché un tir de barrage généralisé de l’ensemble des autres candidats. Tandis que Juppé, lui, a carrément refusé d’épiloguer…

Notre analyse du débat: Alain Juppé toujours plus présidentiable, la surprise NKM

On sait que Nicolas Sarkozy est à son meilleur lorsqu’il avance et conquiert, fort de son tempérament de gagneur et de ses qualités de chef de clan. On sait en revanche qu’il peine lorsqu’il est attaqué, s’exposant au risque de voir ses ripostes se retourner contre lui.

La leçon de ce second débat télévisé est peut-être que le dispositif Sarko 2 est en train de s’enrayer, au moment où remontent à la surface dans la presse hexagonale ses liaisons dangereuses avec d’éventuels réseaux qataris et libyens. L’armure Sarko s’est hier fendillée un peu plus devant les caméras de BFM TV et d’iTélé. Des failles que ses anciens ministres aujourd’hui adversaires, bien décidés à couper les ponts, ont à l’évidence bien l’intention d’exploiter. Redevenus hier les challengers jeunes et pugnaces qu’ils avaient toujours promis d’être, Bruno Le Maire ou Nathalie Kosciusko-Morizet vont continuer de le harceler sur les erreurs passées de son quinquennat, et ses promesses trahies. Laissant Alain Juppé, en contrepartie, occuper l’espace «présidentiable», hors de portée du duel que l’ancien locataire de l’Elysée n’arrive pas à livrer.