C’était quelques jours avant le 11 septembre 2001 et déjà la tension était vive. La conférence antiraciste des Nations unies organisée à Durban a été largement ternie par les propos tenus dans le cadre du forum – parallèle – des ONG. Israël, vilipendé pour sa politique envers les Palestiniens et accusé d’être un «Etat génocidaire», avait fini par claquer la porte du sommet, suivi par les Etats-Unis. La police sud-africaine avait dû intervenir pour calmer les troupes. Beaucoup, dès lors, ont conclu à un fiasco de la conférence. La ville de Durban, pourtant, avait été choisie pour l’exemple donné par l’Afrique du Sud avec la fin de l’apartheid.

«On ne peut pas parler d’un échec alors que 169 pays ont signé la déclaration finale, tempère un diplomate suisse. Cette réunion a quand même permis de sensibiliser le monde entier aux problèmes du racisme.» «Le texte qui est sorti de Durban I est très important car il reconnaît le fléau du racisme dans toute sa dimension et le besoin de protéger les droits des migrants, renchérit Julie de Rivero, directrice du bureau genevois de l’ONG Human Rights Watch. Il assimile, en outre, l’esclavage à un crime contre l’humanité et admet le droit des Palestiniens à un Etat et celui des Israéliens à la sécurité.»

Au final, un programme d’action avait été adopté, fixant les orientations à suivre pour lutter contre le racisme à l’échelle du globe. «Huit ans après, les promesses et les mesures antiracistes n’ont pas réussi à reléguer les pratiques discriminatoires et l’intolérance dans les poubelles de l’histoire», déplore cependant Navanethem Pillay, haut-commissaire de l’ONU pour les Droits de l’homme.