Le Venezuela a accusé dimanche son voisin le Guyana (à ne pas confondre avec la Guyane française, qui le borde) d'avoir violé sa souveraineté. La marine militaire vénézuélienne a intercepté et chassé deux navires d'exploration sismique travaillant pour l'entreprise pétrolière et gazière américaine ExxonMobil avec l'autorisation du gouvernement guyanais, dans une zone maritime disputée par les deux pays.

Dénonçant une «violation flagrante» de «souveraineté», le ministère des Affaires étrangères vénézuélien a indiqué dans un communiqué qu'une patrouille avait intercepté samedi dans les «eaux territoriales du Venezuela» les navires Ramform, battant pavillon des Bahamas, et Delta Monarch (Trinidad et Tobago), «les deux sous contrats pour la transnationale ExxonMobil», et les a obligés à se retirer.

De son côté, le Guyana a dénoncé l'interception du navire Ramform Thethys, la qualifiant d'acte «illégal, agressif et hostile». Elle n'a pas fait référence au Delta Monarch. Le ministère des Affaires étrangères guyanais a lui aussi accusé son voisin de «violer» ses eaux territoriales.

Des frontières jamais reconnues par Caracas

Le Venezuela a assuré qu'il avait agi dans le «strict respect des accords et traités internationaux». Le gouvernement vénézuélien réclame la souveraineté sur le territoire du Essequibo, région riche en ressources minérales et qui couvre une large zone maritime riche en réserves pétrolières.

Le Guyana, ancienne colonie britannique, affirme que les frontières ont été établies en 1899 par un tribunal d'arbitrage. Caracas ne les a jamais reconnues. Robert Palladino, porte-parole du Département d'Etat des Etats-Unis, a défendu dimanche, dans un message publié sur Twitter, le «droit» du Guyana d'«explorer et d'exploiter les ressources de ses eaux territoriales».