Diplomatie

Échange de prisonniers avec l’Iran: le rôle de la Suisse salué par Washington

La médiation helvétique pour l’échange de prisonniers s’est mise en place de façon progressive

Dans une allocution prononcée dimanche matin, Barack Obama a remercié le gouvernement suisse pour le rôle qu’il a joué dans le cadre de la libération de cinq Américains des prisons iraniennes dont trois sont arrivés à bord d’un avion du Conseil fédéral à l’aéroport de Genève en début de soirée. Quelques heures plus tôt à Vienne, le secrétaire d’Etat, John Kerry, en faisait de même, remerciant nommément le conseiller fédéral Didier Burkhalter.

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Depuis quatorze mois, la Suisse s’est fortement impliquée dans des négociations entre Iraniens et Américains qui se sont déroulés discrètement dans la Cité de Calvin. L’ambassadeur Wolfgang Amadeus Brühlart, chef de la Division Moyen-Orient/Afrique du Nord du Département fédéral des affaires étrangères les a orchestrées dans le cadre du mandat de puissance protectrice que la Confédération exerce pour représenter les intérêts américains en Iran depuis la rupture des relations diplomatique entre Washington et Téhéran en 1980.

L’axe Burkhalter-Kerry

La médiation suisse pour l’échange de prisonniers s’est mise en place de façon progressive. Il y a deux ans, Didier Burkhalter en avait déjà parlé avec John Kerry à Davos.

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Ce n’est pas la première fois que la Suisse joue les intermédiaires dans un dossier lié aux négociations sur le programme nucléaire iranien. En 2006, alors que les négociations avec les six puissances (cinq membres permanents du Conseil de sécurité + Allemagne) étaient enlisées, le secrétaire d’État Michael Ambühl avait activement émis des propositions pour restaurer la confiance. A l’aide de schémas mathématiques, il suggérait de quantifier les mesures pour restaurer la confiance que chacune des parties aurait prises. L’idée n’avait pas été retenue. En revanche, la Suisse proposait de ne pas fixer comme pré-condition à des pourparlers la cessation de toute activité d’enrichissement. Le groupe du 5+1 s’y rallia un peu plus tard.

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