C’est l’agence presse en ligne spécialisée dans les affaires européennes Euractiv qui a levé ce lièvre. Dans une lettre adressée aux vingt-sept commissaires européens mercredi dernier, Jean-Claude Juncker s’est plaint de leur absence des réunions hebdomadaires du collège, qui ont lieu chaque mercredi matin.

Si le chef de l’exécutif européen a dû recourir à une telle mise en garde, c’est que les absences sont nombreuses et peut-être même, systématiques. Cette initiative intervient à presque une année de l’installation de la Commission Juncker.

Aucun mouton noir

Jean-Claude Juncker ne désigne pas de moutons noirs. Par ailleurs, les absences peuvent se justifier. La cheffe de la diplomatie européenne Federica Morgherini se trouve plus souvent en mission à l’étranger qu’à Bruxelles. Ces temps, la crise de réfugiés oblige, le commissaire Dimitris Avramopoulos (Intérieur) est sur tous les fronts, tantôt en Grèce, tantôt en Autriche ou en Turquie. Le vice-président Jyrki Katainen (Croissance, Emploi, Investissements et Compétitivité) est aussi régulièrement en mission pour expliquer le plan d’investissement, projet phare de la Commission, aux quatre coins du continent, voire plus loin.

Euractiv a fait le compte. Mercredi dernier, six commissaires étaient absents de Bruxelles. La semaine dernière, ils étaient sept à manquer à l’appel. Jean-Claude Juncker ne vise sûrement pas ceux-là. Dans sa lettre, il rappelle que les réunions hebdomadaires du collège sont essentielles; c’est ici que les décisions sont prises. L’ancien premier ministre luxembourgeois qui a une longue expérience comme chef de gouvernement, explique que la présence de chacun est importante car les décisions prises engagent l’ensemble du collège.

«Absences limitées»

«Les absences doivent donc être limitées aux cas exceptionnels et justifiés, écrit le président de la Commission. Même dans le cas de réunions du Conseil, lors desquelles les ministres des États membres se réunissent avec le ou les commissaires concernés, il est toujours possible de s’arranger pour que seul un nombre restreint de commissaires soit présent.»

Tel un maître de classe, Jean-Claude Juncker rappelle à son cabinet qu’il est le seul à pouvoir les exempter de leur obligation de présence à la réunion collégiale, «dans les cas dûment justifiés et après demande écrite». Il n’est toutefois pas allé jusqu’à menacer de leur retirer les portefeuilles de commissaires en cas de récidive.