D’un côté un candidat jugé réaliste, prêt pour une éventuelle coalition gouvernementale dans laquelle les écologistes ne joueraient pas seulement un rôle d’appoint, mais réussiraient enfin, en France, à peser sur les futures décisions. De l’autre, une candidate résolue à incarner un témoignage contestataire, sur une ligne féministe intransigeante, dopée par le carburant de la cancel culture à l’américaine. Le duel issu du premier tour de la primaire numérique des écologistes français qui s’est achevée dimanche relève du grand écart. Son vainqueur, Yannick Jadot, ex-tête de liste aux européennes de 2019 (13,5% des voix), incarnation d’un «écologisme réaliste» est talonné par Sandrine Rousseau, dont la candidature se veut plus porteuse de déclarations que ramasseuse de voix: 27,7% des suffrages contre 25,14%. Un mouchoir de poche électronique.