> Cinquante ans d’indépendance

Depuis le début du millénaire, le vent de la relance souffle sur le continent. 4,6% de croissance du PIB depuis l’an 2000, plus de 6 en 2008. La crise financière n’a que peu freiné ce mouvement. La croissance se poursuivra jusqu’en 2011, annonce le FMI. Les investissements directs étrangers ont plus que quadruplé en dix ans. Les indices boursiers, les marchés non cotés, les capitaux privés explosent. Mais l’économiste Philippe Hugon reste prudent: «Après cinquante ans d’indépendance, l’Afrique demeure largement dépendante de l’aide et reste spécialisée dans les produits primaires.»

En 1960, les économies continentales sont tournées vers l’extérieur. Elles exportent leurs matières premières à l’état brut. Les défis s’appellent industrie, diversification et commerce régional, le continent doit absolument réduire sa dépendance à l’extérieur, au cours, volatil, des matières premières. Il ne le fait pas, subit de plein fouet le choc pétrolier des années 1970 et demande l’aide d’institutions financières internationales qui lui imposent en contrepartie des ajustements néolibéraux.

«On débat âprement aujourd’hui pour savoir si la perpétuation du malaise […] fut le résultat de la maladie (conditions de marché difficiles, mauvaises politiques gouvernementales) ou du remède (imposition de l’austérité, diminution des salaires)», écrit Frederick Cooper, historien. En 1990, le revenu par tête d’habitant au sud du Sahara est inférieur, en dollars constants, à ce qu’il avait été en 1960. Depuis, le contexte mondial a changé. Les Etats-Unis et la Chine, nouveaux partenaires, et le pétrole expliquent l’apparent regain de forme économique. Mais les défis n’ont pas changé. Le rapport 2009 de la Cnuced sur le développement du continent insiste sur le renforcement de l’intégration économique régionale pour réduire les dépendances au cours, volatil, des matières premières.