«Pékin cherche idiots utiles désespérément.» Lorsqu’elle relit pour la énième fois le titre de l’article du Monde, Sian Snow laisse apparaître un froncement de sourcils à peine perceptible. Début mai, le quotidien français relate les propos élogieux du ministre chinois des Affaires étrangères à l’intention de son père. «La Chine espère voir et accueillir davantage d’Edgar Snow de cette nouvelle ère parmi les journalistes étrangers», déclare Wang Yi, soulignant que l’Américain «n’était pas communiste. Mais quand il s’agissait du Parti communiste chinois, il n’avait pas de biais idéologique, il disait la vérité, était objectif.» Pour Le Monde, le parallèle avec d’autres «idiots utiles» contemporains – dont un influenceur israélien établi en Chine qui nie les exactions commises contre les Ouïgours du Xinjiang – est tout trouvé.