Des éditeurs américains et européens appellent ces jours les autorités hongkongaises à exiger de la Chine la libération de cinq libraires disparus, une affaire qui alimente les craintes sur l’érosion des libertés dans l’ex-colonie britannique. La Chine a reconnu que quatre d’entre eux faisaient l’objet d’enquêtes criminelles sur le continent tandis que le cinquième a dit qu’il y «aidait» les autorités chinoises.

Les cinq disparus étaient employés par la maison d’édition hongkongaise Mighty Current, connue pour publier des ouvrages peu amènes à l’égard de Pékin et des livres salaces sur les dirigeants chinois.

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Des maisons d’édition, des associations éditrices et des défenseurs des droits de l’Homme européens et américains ont écrit une lettre au chef du gouvernement de Hong Kong Leung Chun-ying, l’avertissant que cette affaire envoyait un «message terrifiant».

L’évolution «glaçante» de Hong Kong

Parmi les signataires, le PEN American Center, qui milite pour la liberté d’expression en littérature, l’Association des éditeurs américains et la Fédération des éditeurs européens.

«Cette affaire adresse un message terrifiant aux écrivains, aux éditeurs et aux libraires de Hong Kong: le fait que traiter des sujets politiquement sensibles peut mettre en péril les libertés et la sécurité individuelles», écrivent les signataires dans cette lettre datée du 17 février et publiée sur le site de PEN American Center. «Ces développements confirment de manière glaçante l’érosion constante de la liberté d’expression à Hong Kong».

Un des disparus avait un passeport britannique

Les autorités doivent «faire tout ce qui est en leur pouvoir pour enquêter sur ces disparitions et demander la libération» des employés qui se sont volatilisés ces derniers mois, ajoute le texte.

Les Etats-Unis, l’Union européenne et la Grande-Bretagne se sont déclarés préoccupés par cette affaire. Des cinq disparitions, c’est celle de Lee Bo, titulaire d’un passeport britannique, qui a le plus choqué car elle est survenue à un moment où il se trouvait encore à Hong Kong, territoire sur lequel les services de sécurité chinois n’ont pas le droit d’intervenir.

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Londres a évoqué la semaine dernière une «grave violation» de l’accord conclu avec Pékin avant la rétrocession de Hong Kong à la Chine en 1997, qui prévoyait le maintien du mode de vie hongkongais pendant 50 ans.