Allez comprendre ce que signifie ce titre: dans Impressions et lignes claires (Ed. JC Lattès), l’essai qu’il vient de cosigner avec son ex-conseiller et vieux complice de plume l’eurodéputé Gilles Boyer (Les Républicains), Edouard Philippe se garde bien d’avancer à découvert et de dissiper le brouillard politique qui l’entoure. Emmanuel Macron? Salué mais pas encensé alors qu’il lui ouvrit, le 15 mai 2017, les portes de l’Hôtel Matignon. Alain Juppé, dont il fut le directeur de campagne jusqu’à l’échec des primaires de la droite de 2016 face à François Fillon? Toujours respecté mais avec une distance accrue par son échec et son départ au Conseil constitutionnel.

En bref, l’ancien premier ministre français (2017-2020), réélu maire du Havre en septembre 2020, pose des balises sans dévoiler l’itinéraire politique qu’il compte emprunter dans les mois à venir: «Il y a chez lui un formidable appétit de pouvoir et une éternelle «tentation de Venise», juge un de ses anciens conseillers, en référence à un livre fameux d’Alain Juppé. Edouard a d’abord envie… de susciter l’envie.»