Les effets du siège en Syrie sont dénoncés à l’ONU

Guerre Rapport sur l’aide humanitaire

Les rebelles syriens n’ont pas perdu espoir de stopper l’avancée du pouvoir du président Bachar el-Assad. Lundi, ils ont coordonné une vaste contre-offensive dans le nord de la Syrie, forçant les troupes gouvernementales à céder environ 15 postes de contrôle dans la province d’Idlib. La situation humanitaire n’en demeure pas moins catastrophique. Dans son rapport sur l’aide humanitaire couvrant la période allant du 22 février au 21 mars 2014 et remis hier au Conseil de sécurité, Ban Ki-moon ne prend aucun détour: «La Syrie est désormais la pire crise humanitaire […] à laquelle le monde est confronté.» Le secrétaire général des Nations unies appelle à une fin immédiate des violences et à la négociation d’une solution politique. En référence à Genève 2, il dit «profondément regretter que le processus mis en place grâce à la coopération de la Fédération de Russie, des Etats-Unis et des Nations unies ait produit un résultat aussi médiocre».

«Culture d’impunité»

Dans un document de 11 pages, qui doit faire l’objet de discussions au Conseil de sécurité vendredi prochain, le secrétaire général lâche un chiffre qui fait froid dans le dos: 9,3 millions de Syriens ont besoin d’aide humanitaire; 3,5 millions d’entre eux vivent dans 258 zones jugées très peu accessibles. «Je suis très préoccupé par les violations continues du droit international humanitaire […] et la culture d’impunité qui s’est développée», poursuit le Sud-Coréen.

L’accès humanitaire aux civils acculés par un conflit qui a déjà fait plus de 130 000 morts reste extrêmement difficile pour les 18 ONG autorisées par le régime syrien à opérer sur place. Quelque 220 000 personnes restent prisonnières du siège des villes de Homs, Nubl et Zahra. Les autorités sont accusées de multiplier les obstacles bureaucratiques pour faire aboutir une demande d’aide humanitaire. Elles n’hésitent pas non plus à retirer des convois le matériel médical, dont la livraison doit être discutée de cas en cas.

A Darayya, la périphérie au sud-ouest de Damas, 8000 personnes sont prisonnières d’un siège orchestré par des forces pro-gouvernementales. Dans la Ghouta orientale, où la situation se détériore, pas moins de 160 000 personnes ont été prisonnières du blocus maintenu par Damas depuis fin 2012. Les groupes d’opposition refusent de lever le siège des villages de Zahra et de Nubl dans la région d’Alep, empêchant 45 000 Syriens de trouver de l’aide. Ban Ki-moon dénonce avec fermeté cet «usage du siège comme tactique de guerre». Il fustige aussi l’utilisation par les forces gouvernementales de barils d’explosifs, et les actes extrémistes de groupuscules qui visent à imposer des «idéologies radicales dans certaines parties du pays».

Faible lueur d’espoir: le 20 mars, un convoi de l’ONU de 79 camions a pu atteindre la ville de Qamishli (nord-est) et apporter de la nourriture, des couvertures, des matelas et des médicaments à 268 000 personnes.