Le mode de scrutin des municipales, en France, marie le vote à la proportionnelle et les deux tours. Jusqu'en 1983, le scrutin de listes à deux tours était bloqué: les fusions de listes entre les deux tours de scrutin étaient impossibles et la liste gagnante obtenait tous les sièges. La nouvelle loi permet donc des fusions de listes, pour autant qu'elles aient obtenu plus de 5% des suffrages exprimés. Seules les listes ayant obtenu plus de 10% des suffrages exprimés peuvent se maintenir au second tour.

Pour la répartition des sièges, la moitié est attribuée à la liste qui l'emporte au premier ou au second tour. L'autre moitié est répartie à la proportionnelle entre toutes les listes ayant obtenu plus de 5% des suffrages par tour d'élection. L'effet de cette mécanique offre plusieurs avantages: celui de l'efficacité car elle permet une nette majorité de gestion. Mais elle assure, dans le même temps, une certaine représentation de l'opposition. Enfin, elle peut donner à des listes dissidentes les moyens de peser sur l'élection. Ecrasées dans le système majoritaire, elles peuvent se valoriser (comme les Verts dans plusieurs villes) en négociant âprement leur fusion avec une liste qui leur est proche.

Dans les grandes villes (Paris, Lyon, Marseille), la mécanique est la même, à cette différence près que l'élection se fait en deux temps: celle de l'arrondissement (assimilable à une commune) déterminera le nombre des conseillers élus au Conseil de la ville. Le nombre de conseillers, ici, étant proportionnel à la population des arrondissements: à Paris, ils sont par exemple 3 dans le Ier, 14 dans le XVIIIe et 17 dans le XVe, le plus peuplé.