Les «efforts» pour «impliquer personnellement» le pape dans les scandales de pédophilie au sein de l’Eglise «ont échoué», a déclaré samedi sur Radio-Vatican le porte-parole du Vatican, le père Federico Lombardi.

«Il est plutôt évident que ces derniers jours, il y en a qui ont cherché - avec un certain acharnement à Ratisbonne et Munich - des éléments pour impliquer personnellement le Saint Père dans les questions des abus» sexuels mais «il est clair que ces efforts ont échoué», a dit le père Lombardi sur la radio qu’il dirige.

En évoquant Ratisbonne et Munich, le père Lombardi fait référence au fait que le scandale de pédophilie en Allemagne a touché la chorale de Ratisbonne, dirigée pendant une trentaine d’années par le frère du pape, Mgr Georg Ratzinger, et à la mise en cause du pape par un quotidien allemand pour avoir hébergé un prêtre soupçonné de pédophilie lorsqu’il dirigeait le diocèse de Munich.

Sur cette dernière affaire, le porte-parole souligne que l’archevêché de Munich a expliqué vendredi «comment l’archevêque (Joseph Ratzinger, futur Benoît XVI) était resté complètement étranger aux décisions à la suite desquelles des abus ont été vérifiés».

Il rappelle également le «bon chemin» pris par la conférence épiscopale allemande pour faire face au retentissant scandale de pédophilie au sein du clergé qui n’arrête pas d’enfler depuis janvier: «reconnaître la vérité et aider les victimes, renforcer la prévention et collaborer de façon constructive avec les autorités - y compris judiciaires civiles - pour le bien commun de la société».

Pour lui, cette ligne, «encouragée» par le pape, peut être «un modèle très utile et une source d’inspiration pour d’autres conférences épiscopales confrontées aux mêmes problèmes».

Il affirme également que les normes de l’Eglise pour juger des cas de pédophilie «n’ont pas favorisé la couverture de ces délits mais ont au contraire donné lieu à une activité intense pour (les) affronter, juger et punir de façon adéquate».

«Ceci a été imposé et lancé quand le cardinal Ratzinger était préfet de la Congrégation» pour la doctrine de la foi et «sa ligne a toujours été celle de la rigueur et de la cohérence pour affronter les situations, même les plus difficiles», souligne-t-il.

«Malgré la tempête, l’Eglise voit bien le chemin à suivre, sous la conduite sûre et rigoureuse» du pape, conclut le père Lombardi.