Mesure inattendue, voire provocatrice: le gouvernement d'Ehud Barak a autorisé la construction de 200 logements dans le chef-lieu israélien du Golan, Katzrin. Le ministre Haïm Ramon explique la décision en ces termes: «Etant donné que le processus de paix semble ne pas devoir sortir de si tôt de l'ornière, autant permettre aux populations israéliennes du Golan de vivre normalement.»

La population de la petite ville a dépassé les 6500 âmes, mais cet effort de construction lui vaudra un apport d'au moins 800 habitants supplémentaires, dont une majorité originaires de l'ex-URSS. Les immigrants sont de plus en plus nombreux à s'établir sur le plateau du Golan. Rien d'étonnant à ce qu'un tiers de la population de Katzrin soit de langue russe. Les nouveaux venus, habitués aux intempéries, ont découvert sur ce plateau un climat continental. Le cabinet israélien a également donné son feu vert à plusieurs projets de développement touristique et à des travaux d'infrastructure sur le Golan.

Ces décisions constituent peut-être l'ultime moyen de pression d'Israël sur le président syrien, Hafez el-Assad. Mais elles peuvent aussi être interprétées comme un constat de décès du processus de paix israélo-syrien. En tout cas, cette relance de la colonisation du Golan a été annoncée avant même la rencontre Barak-Clinton à Washington. Pendant des mois, tous les projets de construction et de développement étaient gelés, sur ordre personnel du premier ministre Ehud Barak.

Les colons, eux, se voyaient sacrifier sur l'autel de la paix. Maintenant, ils disent avoir retrouvé la sérénité. En revanche, l'ensemble du Proche-Orient craint d'entrer dans une période d'instabilité et de tensions.