Dans sa quête de la paix, le nouveau premier ministre israélien met les bouchées doubles. C'est ainsi que, peu après son investiture au parlement, il a annoncé un calendrier de rencontres avec des dirigeants du monde arabe. Aujourd'hui vendredi, il prend son petit déjeuner avec le président égyptien Moubarak à Alexandrie. Dimanche, il s'entretiendra avec Yasser Arafat sur la ligne de démarcation entre Gaza et Israël. Mercredi 14 juillet, il se déplacera à Amman pour un premier contact officiel avec le roi Abdallah de Jordanie. Et la rumeur veut que le roi Hassan II du Maroc lui accorde aussi une entrevue dans les prochains jours.

Ces efforts de dialogue se porteront ensuite vers les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. Le 15 juillet, le premier ministre israélien sera reçu à la Maison-Blanche par le président Clinton, tandis qu'une rencontre avec Tony Blair est prévue pour le 20 à Londres. Il s'agit pour Ehud Barak de rétablir un climat de confiance – passablement altéré sous le gouvernement de Benjamin Netanyahou – entre l'Etat hébreu et ses deux principaux alliés occidentaux.

Le premier ministre va réclamer les bons offices du président égyptien en vue de réactiver le processus de paix israélo-syrien. Car tout indique que la Syrie est déjà disposée à reprendre sa place autour de la table des négociations. C'est que le président syrien Hafez el-Assad semble persuadé que les nouveaux dirigeants israéliens vont reprendre la négociation au point où elle avait été interrompue: sur la promesse verbale de Yitzhak Rabin – le premier ministre assassiné – de restituer l'ensemble du plateau du Golan.

Le président Assad, durant son court voyage à Moscou cette semaine, se serait vu conseiller par les responsables russes de saisir la chance «historique» qui se présente de faire la paix avec Israël. En conséquence, ils lui ont donné pour conseil de faire preuve de «modération» et de ne pas s'entêter sur des questions de principe.

La presse israélienne, quant à elle, laisse entendre qu'Ehud Barak désire d'abord aboutir à un traité de paix israélo-syrien avant de conclure des pourparlers sur un règlement définitif avec les Palestiniens. Une fois la paix israélo-syrienne signée, il aurait, soulignent les mêmes journaux, une plus grande marge de manœuvre et serait en meilleure position pour obtenir un partage territorial plus avantageux en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.