Les électeurs de Californie ont décidé de maintenir en fonction leur gouverneur démocrate, votant majoritairement «non» au référendum organisé par ses détracteurs pour obtenir sa révocation, selon des estimations diffusées mardi soir par les médias américains.

Moins d'une heure après la fermeture des bureaux de vote (20h heure locale, 5h en Suisse), le non obtenait environ deux-tiers des voix après dépouillement de plus de 60% des bulletins déjà comptabilisés, selon CNN et NBC. Quelque 9 millions d'électeurs avaient voté de manière anticipée, ce qui a permis d'obtenir de premières projections rapides.

Avec une telle avance, les deux chaînes estiment que le démocrate Gavin Newsom va rester gouverneur de l'Etat le plus peuplé des Etats-Unis et terminer son mandat, même si les bulletins républicains rééquilibrent le score dans les heures ou jours à venir.

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Joe Biden en soutien

Utilisant une disposition de la Constitution californienne, des citoyens mécontents – très vite ralliés par le parti républicain – ont obtenu ce «scrutin de rappel» permettant de révoquer un gouverneur en dehors de tout calendrier électoral, après avoir recueilli plus de 1,5 million de signatures.

Preuve de l’enjeu national de ce référendum dans un Etat équivalent à la cinquième puissance économique mondiale, le président Joe Biden a mis sa casquette de patron du camp démocrate et s’est rendu lundi en Californie pour soutenir Gavin Newsom. Son prédécesseur républicain Donald Trump a, quant à lui, choisi une nouvelle fois d’agiter le spectre de la fraude électorale lors du vote par correspondance, accusations qu’il avait faites après sa défaite face à Joe Biden sans jamais pouvoir les étayer.

En écho au profond clivage qui divise les Etats-Unis, les Californiens partisans du référendum dénoncent des impôts excessifs, une «élite» démocrate perçue comme méprisante et des libertés individuelles bafouées par les autorités depuis le début de la pandémie.

Les opposants y voient une manœuvre pour se porter aux commandes d’un Etat farouchement démocrate, hors d’atteinte pour les conservateurs lors d’un scrutin classique.