Alors que le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken rencontre ce mardi, en Alaska, son homologue chinois, la délicate question des ingérences étrangères dans le processus électoral américain fait à nouveau parler d'elle. Cette fois, c'est un rapport du Renseignement très complet, rendu public mardi, qui apporte des précisions. Selon le document émanant des ministères de la Justice et de la Sécurité intérieure, la Russie et l'Iran, notamment, auraient bien tenté d'influencer activement les résultats lors de la dernière élection présidentielle. Mais pas la Chine. Surtout: aucun Etat n'est parvenu à avoir un impact réel sur les résultats.  

Pas de «fraudes électorales»

«Nous avons identifié plusieurs incidents lors desquels des acteurs liés aux gouvernements russe ou iranien ont porté atteinte à la sécurité des réseaux d'organisations politiques, de candidats et de partis. Certains ont rassemblé des informations qu'ils auraient pu publier pour influencer les opérations, mais nous n'avons pas constaté de dissémination, de modification ou de destruction de ces données», précise le rapport. Ces interventions étrangères n'ont pas eu d'impact sur «les votes, le dépouillement, ni sur la transmission des résultats».

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Il est surtout question de campagnes de désinformation russes et iraniennes. Le document évoque des efforts russes, avec le feu vert de Vladimir Poutine, pour décrédibiliser la candidature de Joe Biden. Ainsi que des «opérations de renseignement» visant à influencer des gens dans l'entourage de Donald Trump, toujours dans le but de nuire au démocrate. Selon le New York Times, il serait notamment question de Rudy Giuliani, l'ancien maire de New York, devenu avocat personnel de Trump. Il était au front dans ce qui est devenu l'«affaire ukrainienne», qui a valu à Donald Trump son premier procès en destitution.

Rudy Giuliani a multiplié les efforts pour nuire au rival politique de son patron. Il a notamment contribué à accuser Hunter Biden, qui siégeait au sein du conseil de fondation d'une entreprise gazière ukrainienne, de corruption. «L'Etat russe et les acteurs mandataires qui servent tous les intérêts du Kremlin ont travaillé pour affecter les perceptions du public américain», confirme le rapport déclassifié. 

Pas l'ampleur de l'ingérence russe en 2016

A propos de la Chine, le document relève que les autorités avaient bien envisagé dans un premier temps de chercher à influencer le vote, avant d'y renoncer, par crainte que cela se retourne contre elles. Jusqu'ici, des républicains du cercle proche de Donald Trump évoquaient une intervention chinoise en faveur des démocrates.

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Les auteurs du rapport balayent, en clair, les accusations de Donald Trump, sans directement le nommer. Et confirment qu'aucun gouvernement étranger n'a pu provoquer de «fraudes électorales», un récit auquel s'accrochait l'ancien président. «Les investigations ont démontré que ces allégations ne sont pas crédibles.» Donald Trump s'en était notamment pris aux machines de vote Dominion, accusées à tort par ses avocats d'avoir appartenu à des proches de l'ex-président vénézuélien Hugo Chavez. Même le ministre de la Justice, Bill Barr, un proche de Donald Trump, s'était résolu à affirmer qu'il n'y avait aucune preuve en ce sens. Le rapport relève encore qu'aucune opération n'avait l'ampleur et la portée de l'ingérence russe dans l'élection présidentielle de 2016.