Près de 6 millions de Zimbabwéens sont appelés aux urnes aujourd'hui lors d'élections législatives. Les électeurs doivent élire 120 députés, les 30 restants étant nommés directement par le chef de l'Etat. Le principal parti d'opposition, le Mouvement pour le changement démocratique, ou MDC, doit donc remporter 76 sièges pour avoir la majorité.

A la veille du scrutin, un militant des droits civiques, Lovemore Madhuku, a de nouveau défié le pouvoir de Robert Mugabe en publiant un deuxième rapport dénonçant des violences politiques liées à la campagne électorale et commis en majorité par des membres de l'Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (Zanu-PF), et les forces de sécurité. Ce rapport est le deuxième publié en quinze jours par la Nouvelle assemblée constitutionnelle (NCA) présidée par Lovemore Madhuku, et qui regroupe plusieurs organisations de la société civile.

Pour sa part, le chef du MDC, Morgan Tsvangirai, a concentré ses critiques sur l'économie, dans la ligne suivie depuis le début de la campagne, en martelant son slogan. «Le Zimbabwe a été détruit, les exploitations agricoles ont été détruites, l'industrie a été détruite et l'éducation a été détruite. Même les relations avec l'étranger ont été anéanties», a-t-il déclaré mardi dans un meeting. L'économie locale s'est effondrée à la suite d'une réforme agraire en 2000 qui s'est faite de façon violente et anarchique, l'Etat redistribuant les propriétés des Blancs sans donner les moyens aux nouveaux propriétaires de les cultiver. Le taux de chômage est évalué à 70% au Zimbabwe.

Le président Mugabe, de son côté, a déclaré, lors d'un meeting mardi en province, qu'une victoire du MDC ne serait «pas tolérée». La veille, lors d'un autre rassemblement, il avait lancé: «Ceux qui voteront pour le MDC sont des traîtres.» Hier, il a écarté, lors de son dernier meeting électoral, toute idée de gouvernement d'unité nationale après le scrutin.